Professeur poignardé en Mayenne: l'élève avait prémédité son geste

JUSTICE Il était suivi pour problèmes psychiatriques...

Avec agence

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 Carte de la Mayenne. Localisation de Château-Gontier.
 Carte de la Mayenne. Localisation de Château-Gontier. — IDE

L'élève qui a agressé lundi son professeur dans un lycée de Château-Gontier (Mayenne) était suivi pour problèmes psychiatriques et a prémédité son geste, a déclaré ce mardi le procureur de la République de Laval Alex Perrin.

«Il ressort clairement des auditions qu'il s'était muni préalablement d'un couteau. Il en avait deux sur lui, un couteau à virole classique et un couteau de cuisine d'une vingtaine de centimètres, manifestement avec l'intention de l'utiliser contre l'enseignant, ce qu'il a fait», a expliqué le magistrat lors d'un point de presse dans l'établissement.

«Pas d'accrochage ni de conflit» avec le professeur

Il a cependant souligné que le garçon, majeur depuis deux mois, n'avait aucun antécédent judiciaire, contrairement à de premières informations délivrées par erreur de sources judiciaires.

Selon le magistrat, l'agresseur «n'a pas eu de mot, d'accrochage, de conflit» avec son professeur. «Il a cristallisé son échec (scolaire) sur cet enseignant qu'il a peut-être trouvé trop exigeant», a avancé Alex Perrin.

Tentative de suicide en octobre

Selon lui, Antoine «ne s'était jamais signalé par des comportements violents envers les autres" et «rien ne pouvait laisser penser à ce comportement agressif. La surprise est assez totale.»

Le jeune homme avait fait une tentative de suicide en octobre, ce qui avait conduit sa famille à demander une hospitalisation dans un établissement psychiatrique. Il en était sorti sur demande de ses parents, mais contre l'avis des médecins, avant d'être réhospitalisé le 30 octobre jusqu'au 24 novembre.

L'élève ne prenait plus son traitement

«Depuis quelques jours, il avait décidé de ne plus prendre régulièrement son traitement neuroleptique», a précisé le procureur, indiquant avoir requis une expertise psychiatrique pour le jeune agresseur, dont la garde à vue devrait être prolongée jusqu'à mercredi.

Cette agression n'est pas un problème de «violence scolaire» proprement dite, mais «le cas d'un enfant qui ne va pas bien», a pour sa part déclaré ce mardi le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, sur France Info.

Trois coups de couteau

La victime, professeur d'électrotechnique âgé de 30 ans, a été frappée de trois coups de couteau et blessée sérieusement «au niveau du dos et du bas du dos» lundi vers 15h45 alors qu'il donnait un cours de soutien à quatre élèves, dont son agresseur, selon le procureur.

L'enseignant, opéré dans la nuit et dont les jours ne sont pas en danger, devait être entendu dans les heures qui viennent par les enquêteurs.