Blanchi par sa fille, pas par les juges

Bastien Bonnefous

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L'homme est en liberté conditionnelle, mais pas innocenté. La commission de révision des condamnations pénales a rejeté hier la demande de révision du procès d'Antonio Madeira, condamné en 2001 à douze ans de prison pour des viols sur sa fille qui, depuis, a affirmé avoir menti. C'est le deuxième refus en huit ans de la commission dans ce dossier. Un rejet jugé « navrant » par l'avocat d'Antonio Madeira, Jean-Marc Florand, qui compte reformuler une demande.

En mai 1999, Virginie, alors âgée de 14 ans, accuse son père d'abuser d'elle depuis huit ans. En 2001, Antonio Madeira est reconnu coupable et condamné à douze ans de réclusion. Coup de théâtre en 2006, Virginie publie un livre - J'ai menti (Stock) - où elle dit avoir tout inventé. La commission de révision ordonne alors des analyses pour vérifier si la jeune femme est vierge, ce qui sera attesté par un examen gynécologique. Reste que la commission a jugé l'argument trop fragile, estimant que Virginie ait pu néanmoins subir des abus. Surtout, la justice considère que Virginie avait « conscience que ses accusations étaient susceptibles de conduire à l'incarcération de son père, et combien elle a souffert de ne pas être crue par sa mère ». Une privation qui rend crédible son témoignage aux yeux des juges. ■