La mission impossible de Monsieur Jeunesse ?

Laure de Charette

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Les jeunes n'ont désormais plus un secrétaire d'Etat - Bernard Laporte - mais un Haut Commissaire pour s'occuper d'eux. Nicolas Sarkozy a annoncé hier lors de ses voeux aux personnels de l'Education nationale la nomination de Martin Hirsch, déjà Haut Commissaire aux solidarités actives, à la tête d'un nouveau Haut Commissariat à la jeunesse. Saura-t-il rassurer une génération qui n'hésite plus à descendre dans la rue, parfois avec violence, pour crier son mal-être ?

Sa vie, son oeuvre Martin Hirsch est pour l'heure plus fin connaisseur des pauvres que des jeunes. L'ex-président d'Emmaüs est l'homme fort de la lutte contre la pauvreté du gouvernement Sarkozy. Normalien et énarque, il a été conseiller de Martine Aubry et directeur de cabinet de Bernard Kouchner, alors ministre de la Santé. Il est le père du revenu de solidarité active (RSA). Son intelligence et son imagination suffiront-elles à accoucher d'un projet générationnel ? Les mauvaises langues doutent déjà. Mais Hirsch est un homme d'action et non de cour. S'il a accepté cette nouvelle mission, peut-être a-t-il déjà des projets tangibles en tête.

Ses moyens d'action Le Président n'a pas annoncé hier de vive voix d'enveloppe dédiée à ce nouveau Haut Commissariat. Pourtant dans le texte écrit de son discours, il devait évoquer « un fonds d'expérimentation pour les jeunes » doté de 150 millions d'euros. Ce fonds, dont l'existence nous a été confirmée hier, devrait être rattaché à Martin Hirsch. Il devrait vraisemblablement récupérer en outre les 119 millions d'euros dont devait être doté le programme Jeunesse et vie associative en 2009.

Une cause nationale ? Pas vraiment. Comme le souligne Bruno Julliard, chargé de l'éducation au PS, « le plan de relance a révélé l'absence cruelle de mesures visant à soutenir la jeunesse et son éducation ». Et trois ans après les violences urbaines, le gouvernement diminue de moitié le budget alloué en 2009 à l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire et à d'autres associations. ■