« Un long travail psychologique à entreprendre »

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Le gouvernement peut-il dissiper le malaise de la jeunesse ?

Il y a un travail psychologique de longue haleine à entreprendre, qui ne se fera pas en six mois, car la crise de confiance est très profonde. Mais ce n'est pas impossible ! Après tout il y a des jeunesses optimistes en Europe, dans les pays nordiques, à niveau économique comparable.

Sur quels leviers Martin Hirsch peut-il jouer ?

Il faut sortir du fétichisme du diplôme, convaincre les jeunes que la vie ne se joue pas à l'école. Le système politique doit être capable de leur expliquer les intérêts collectifs d'une réforme. Sinon, les jeunes rejettent systématiquement toute réforme, comme depuis vingt ans.

Des discours suffiront-ils à diminuer l'angoisse d'une génération ?

Non, mais tout commence par les mots. Ensuite il faudrait réfléchir à la réforme du système d'indemnisation du chômage des jeunes, qui ne sont pas assez protégés entre la fin de leurs études et la stabilisation dans l'emploi. Et il faut repenser le partage générationnel du poids de la flexibilité du marché du travail. Il pèse trop sur les épaules des jeunes actuellement. ■ Recueilli par Laure de Charette