Le directeur de Sciences-Po hérite de la réforme du lycée

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L'autre nominé du jour est Richard Descoings, directeur de l'Institut d'études politiques de Paris. Lui a été chargé par le chef de l'Etat d'une mission sur la réforme du lycée. Repoussée d'un an en décembre par peur de l'agitation lycéenne, dans l'ouest du pays notamment, la réforme du lycée n'est donc pas enterrée. Charge au nouveau missionné de « conduire la concertation », avec les lycéens cette fois invités à « donner leur avis ». Seulement, des postes seront bel et bien supprimés dans le secondaire, en raison de la baisse démographique - 22 000 élèves de moins étant prévus à la rentrée prochaine au lycée.

Richard Descoings, 50 ans, a pour sa part suivi un parcours scolaire exemplaire : Montaigne, Louis-le-Grand, Henri-IV, Sciences-Po et l'ENA. Il a été notamment responsable des questions budgétaires de l'Education nationale auprès de Jack Lang. Il dirige depuis douze ans Sciences-Po Paris. Surnommé « Ritchie D. » (« riches idées ») par ses élèves, cet homme brillant et séducteur prône « l'innovation en permanence ». Il a ouvert l'école aux étrangers, créé d'autres Sciences-Po en province et fondé en 2003 sa propre école de journalisme. Surtout, il a été le tout premier à permettre à de nombreux lycéens des zones d'éducation prioritaire (ZEP) d'intégrer son établissement d'élite par un concours d'entrée spécial. Reste à savoir si le directeur d'une grande école, aussi inventif soit-il, saura écouter, parler et comprendre de jeunes lycéens. ■L. de C.