Malgré les voeux de Sarkozy, les syndicats appellent à poursuivre la mobilisation

REACTIONS Les syndicats de lycéens, d'étudiants et d'enseignants ne sont pas convaincus par les annonces de Nicolas Sarkozy lors de ses voeux à l'éducation ce lundi...

Avec agence

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Quelque 127.000 jeunes selon la police, 150.000 selon les organisateurs ont manifesté jeudi dans toute la France contre le projet de réforme du lycée du ministre de l'Education, Xavier Darcos annonçant la réouverture de tout ce dossier et proposant des Etats généraux.
Quelque 127.000 jeunes selon la police, 150.000 selon les organisateurs ont manifesté jeudi dans toute la France contre le projet de réforme du lycée du ministre de l'Education, Xavier Darcos annonçant la réouverture de tout ce dossier et proposant des Etats généraux. — Thomas Bregardis AFP

Nicolas Sarkozy n'a pas su séduire les syndicats de lycéens, d'étudiants ou d'enseignants lors de ses voeux au personnel de l'Education nationale ce lundi.

L'Union nationale lycéenne (UNL), première organisation lycéenne, appelle ainsi à une journée de manifestations partout en France jeudi. «Le discours de Nicolas Sarkozy ne répond pas aux attentes des lycéens. En préalable à toute réforme sur le lycée, nous demandons l'arrêt des suppressions de postes dans l'Education. Son discours n'y répond pas», a déclaré à l'AFP Antoine Evennou, secrétaire général de l'UNL.

Le haut-commissariat à la Jeunesse est «un gadget»

Le chef de l'Etat s'est montré peu disert en effet sur la question des suppressions de postes, se bornant à redire que «la solution» pour l'Education, «ce n'est pas plus d'argent, plus de postes».

Nicolas Sarkozy n'a pas répondu dans son discours de Saint-Lô au «malaise de la jeunesse» et la création d'un haut-commissariat à la Jeunesse est «un gadget», a estimé de son côté Jean-Baptiste Prévost, le président de l'Unef, la première organisation étudiante.

«On jugera sur les actes»

«Nous ne regrettons pas Bernard Laporte. On ne fait pas de procès d'intention à Martin Hirsch, on jugera sur les actes. Mais on s'étonne qu'un haut-commissaire sans administration, sans budget et sans compétence en matière d'éducation, d'enseignement supérieur ou d'emploi puisse mettre en place la politique qu'attendent les jeunes», a-t-il commenté.

«Martin Hirsch ne pourra pas être le pompier du malaise créé par les discours et les politiques de Nicolas Sarkozy dans la jeunesse», a-t-il conclu.

Les fédérations de l'Education formulent leurs propres voeux

Pour Bruno Julliard, secrétaire national du PS à l'Education et ex-dirigeant de l'Unef, «dans la frénésie d'annonces médiatiques de Nicolas Sarkozy, la création d'un Haut commissaire à la jeunesse est une mascarade indécente» alors que «le gouvernement s'obstine à affaiblir les acteurs des politiques pour la jeunesse».

Quant aux six fédérations de l'Education qui ont boycotté les voeux du Président (FSU, Unsa-Education, Sgen-CFDT, Faen, Ferc-CGT et FO), elles ont appelé ce lundi à «la poursuite de la mobilisation» et «à la réussite des journées» d'action des 17 et 29 janvier, lors d'une conférence de presse commune. Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, a formulé «quatre voeux» pour 2009: «La réussite pour tous»; «arrêter cette hémorragie que connaît» l'Education avec les suppressions de postes, via par exemple «un moratoire»; «un véritable dialogue social»; enfin «pour les personnels: reconnaissance de leur métier et respect de leur professionnalisme».