Nicolas Sarkozy ne reculera pas une seconde fois sur la réforme du lycée

EDUCATION Le Président a présenté ses voeux au personnel de l'Education ce lundi...

Catherine Fournier

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Les lycéens ont été beaucoup moins nombreux à se mobiliser jeudi qu'avant Noël, avec de maigres défilés et peu de blocages d'établissements, mais les organisateurs ont parlé d'un "tour de chauffe" avant d'autres mobilisations.
Les lycéens ont été beaucoup moins nombreux à se mobiliser jeudi qu'avant Noël, avec de maigres défilés et peu de blocages d'établissements, mais les organisateurs ont parlé d'un "tour de chauffe" avant d'autres mobilisations. — Pierre Andrieu AFP

Le terrain, la réforme, le terrain, la réforme... Nicolas Sarkozy a dégainé ses concepts favoris lors de ses voeux délocalisés à la communauté éducative ce lundi à Saint Lô dans la Manche. Pas de changement de cap, donc, même si le chef de l'Etat a bien été obligé de reconnaître qu'il fallait davantage de concertation pour mener à bien cette réforme, repoussée à 2010.

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Comme pour la réforme de l'hôpital, Nicolas Sarkozy a insisté sur le fait que davantage de moyens et d'argent ne changerait pas la donne. Le Président a toutefois promis que la réforme du lycée serait menée sans supprimer un centime ni un poste. Avant de préciser que le gouvernement devait bien ajuster le nombre d'enseignants à celui des élèves, qui a diminué de 57.000 à la rentrée 2008, a-t-il rappelé. A la rentrée, ils seront moins 22.000 dans le secondaire, selon un conseiller du ministère de l'Education.

Sans accorder davantage de moyens, le chef de l'Etat a tout de même voulu montrer qu'il était sensible à l'argument selon lequel l'éducation est l'un des investissements les plus sûrs en temps de crise. Nicolas Sarkozy a ainsi plusieurs fois martelé qu'il fallait «gagner la bataille de l'intelligence» pour donner sa chance à chacun.

Axant son discours sur la crise et sur l'incertitude qu'elle fait peser sur l'avenir des jeunes, Nicolas Sarkozy a annoncé la création d'un haut-commissariat à la Jeunesse, dont Martin Hirsch, déjà commissaire aux Solidarités actives, sera en charge. Bernard Laporte se verra ainsi privé d'une partie de son secrétariat d'Etat (aux Sports, à la Jeunesse et la Vie associative). Le Président entend ainsi montrer qu'il accorde une importance particulière au désarroi de la jeunesse, qui a conduit selon lui à la contestation lycéenne de la fin 2008.

«N'ayez pas peur du changement»

Autre «nomination»: Richard Descoings, directeur de Sciences-Po, sera chargé de conduire la mission de concertation sur la réforme du lycée, sous la direction de Xavier Darcos. Nicolas Sarkoy n'a pas cité le nom de Jean-Paul de Gaudemar, qui avait dirigé la première commission sur le sujet. Il devrait participer à cette deuxième phase, de même que Jean-Louis Lambrini, directeur général de l'enseignement scolaire au sein du ministère.

Nicolas Sarkozy veillera au grain et s'investira personnellement dans cette réforme nécessaire, «dans laquelle se joue une partie de l'avenir de la France». Autrement dit, pas question de reculer une nouvelle fois. Le Président l'a redit: il n'y aura pas de pause dans les réformes, même pendant la crise. «N'ayez pas peur du changement», a-t-il lancé pour conclure.

Heurts Au moins huit manifestants ont été légèrement blessés ce lundi à Saint-Lô lors de heurts avec la police, en marge de la visite de Nicolas Sarkozy. Cinq de ces blessés, victimes notamment de tirs de grenades lacrymogènes, ont été transportés à l'hôpital de Saint-Lô, selon les pompiers, qui ont précisé qu'il ne s'agissait apparemment que de «blessés légers». Les forces de l'ordre ont par ailleurs procédé à au moins cinq interpellations de lycéens ou de militants syndicaux, selon les informations recueillies sur place par des journalistes et photographes de l'AFP.