Un mort-vivant ressuscité

JUSTICE André Poirier était civilement mort. Un jugement du tribunal prononcé vendredi l'a ramené à la vie...

ND (avec agence)

— 

A 70 ans, il revit. Le destin surréaliste d’André Poirier a trouvé un épilogue heureux vendredi, avec l’annulation par le tribunal de grande instance de Paris d’un jugement qui le déclarait civilement mort.

Tout commence en 1985, quand, pour disposer de leur part d'héritage après le décès de leur père, les sœurs d’André Poirier font prononcer, après le délai légal de dix ans, un jugement de «présomption d'absence» de leur frère, suivi d'un «jugement déclaratif d'absence», synonyme de mort civile. Poirier avait rompu avec sa famille au milieu des années 1960, après un divorce difficile.

Le début du cauchemar


Peintre, légionnaire, ramoneur, il exerce alors de multiples professions, voyage beaucoup et ne donne aucun signe de vie à ses proches. Progressivement, des courriers, puis l’arrêt du versement de sa retraite lui apprennent qu’il est civilement mort. Sans argent, ni couverture sociale, c'est le début du cauchemar.

Sa fille Nathalie parvient pourtant à retrouver sa trace, et Poirier se lance alors dans une procédure d’annulation de déclaration d’absence. Il veut récupérer son identité et preuves à l'appui, a plaidé sa cause au tribunal de Paris en décembre 2008. Avec l'annulation prononcée vendredi, «André Poirier ressuscite», a-t-on commenté au cabinet de son avocat. Prochaine étape de la renaissance: faire rayer la mention «décédé» sur son registre d'état civil.