Hôpital: «C'est une provocation de nous souhaiter les voeux alors que le personnel est en souffrance»

STRASBOURG Les personnels ont manifesté à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy...

Philippe Wendling, à Strasbourg

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Des manifestants devant l'hôpital de Strasbourg à l'occasion de la viste de Nicolas Sarkozy le 9 janvier 2009.
Des manifestants devant l'hôpital de Strasbourg à l'occasion de la viste de Nicolas Sarkozy le 9 janvier 2009. — REUTERS/Jean-Marc Loos

Une visite attendue. Maintenues à distance par un cordon de CRS, quelque 150 personnes ont réservé un comité d'accueil ce vendredi matin Nicolas Sarkozy à l’entrée du Nouvel Hôpital civil (NHC) de Strasbourg, où le président de la République a présenté ses vœux aux personnels de santé.

A l’appel d’une intersyndicale, les manifestants entendaient faire part au chef de l'Etat «de leurs inquiétudes», alors même que le déficit des hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) atteint trente millions d’euros. «On est là parce qu'on a estimé que c'est une provocation de nous souhaiter les vœux alors que le personnel est en souffrance et en sous-effectif toute l'année», explique Claudine Giorgi, déléguée CGT. Une situation qui pourrait conduire à des risques pour la sécurité des salariés comme des patients.

Les bulles d'un côté, les urgences pleines à craquer de l'autre

Tout en saluant la présence du chef de l’Etat, le maire PS de Strasbourg Roland Ries n’a pas voulu «passer sous silence les difficultés» que rencontre, à l’instar de nombreux autres établissements, l’hôpital de la capitale alsacienne. «Pour la première fois de ma vie, j’ai fait voter un budget en déséquilibre, a déploré l’édile. J’espère que l’an prochain, j’aurai à voter un budget en équilibre», a-t-il ajouté, précisant à Nicolas Sarkozy qu’il était «très attendu».

De son côté, Syamak Agha Babaei, médecin et conseiller municipal socialiste de Strasbourg, a déploré «un mépris du ministère de la Santé et de Nicolas Sarkozy pour l’hôpital public. Ainsi, il n’y aurait aucun problème. Pendant que les convives dégustaient les bulles, les urgences strasbourgeoises étaient à nouveau pleines. A midi, il n’y avait plus de lit d’hospitalisation en médecine et les ambulances étaient bloquées jusqu’à 13h, pour cause de visite présidentielle. Les conditions d’accueil se dégradent de jour en jour, en même temps qu’augmente la pénibilité au travail. Il existe un manque criant d’effectif humain, un manque de lit d’hospitalisation.»



Sarkozy en visite à l'hôpital de Strasbourg 09 01 09
envoyé par StrasTv