Nicolas Sarkozy souhaite à l'hôpital une meilleure organisation

SANTE A Strasbourg, le chef de l'Etat a rejeté l'idée qu'il fallait davantage de moyens...

Philippe Wendling, à Strasbourg

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Nicolas Sarkozy a qualifié vendredi d'"exceptionnels" les récents décès de patients survenus à l'hôpital public, parfois à la suite d'erreurs médicales, assurant qu'ils "ne sauraient remettre en cause la confiance" dans le système hospitalier.
Nicolas Sarkozy a qualifié vendredi d'"exceptionnels" les récents décès de patients survenus à l'hôpital public, parfois à la suite d'erreurs médicales, assurant qu'ils "ne sauraient remettre en cause la confiance" dans le système hospitalier. — Vincent Kessler AFP

«L’année 2009 ne sera pas l’année des annonces mais celle des résultats», a martelé ce vendredi matin à Strasbourg Nicolas Sarkozy, à l’occasion de la présentation de ses vœux aux personnels de santé.

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Au cours de plus d’une demi-heure de discours, le chef de l’Etat a notamment déclaré que «les drames qui sont survenus récemment obligent à construire un hôpital bien organisé, performant, tourné vers les patients et leurs besoins, et coopérant davantage avec les autres acteurs de la santé».

Pas une affaire d'argent mais d'organisation

Pour ce faire, le président de la République a estimé que tout n’était pas une affaire d’argent, mais plus d’organisation. «Ce n’est pas en demandant toujours plus de moyens que nous améliorerons la situation, a-t-il expliqué, estimant plutôt que «l’hôpital doit être un modèle d’adaptabilité pour faire face aux défis du XXIe siècle».

«Entre 1998 et 2008, la France a augmenté de 50 % son budget, c'est-à-dire de 23 milliards d’euros», a rappelé le chef de l’Etat. Le défi de l’hôpital est que cet argent nécessaire soit plus efficace», notamment pour encourager les établissements à coopérer davantage entre eux, ainsi qu’avec la médecine de ville. «Il faut les mettre en réseau pour partager leurs compétences et éviter les doublons», a estimé Nicolas Sarkozy.

Renforcer l'autorité du «patron»

Dans ce sens, il a, entre autres, insisté sur la nécessité de «renforcer l’autorité du directeur» - «le patron» - afin que chaque «établissement puisse définir un projet médical clair, ancré dans le territoire». «Chaque hôpital doit être plus libre de son organisation dans ses recrutements, dans ses achats. Donner de la souplesse, c’est la condition de la performance et de la qualité de soins».

Le président de la République a aussi appelé les directeurs hospitaliers à «améliorer la prise en charge des urgences». Pour les aider dans leurs tâches, les «liaisons par hélicoptère» seront développées, tout comme la télémédecine. En outre, «20 unités neurovasculaires supplémentaires seront mises en place en 2009 pour prendre en charge plus vite les accidents vasculaires cérébraux».

Une commission pour réformer les CHU

Nicolas Sarkozy a également indiqué que dans le cadre du plan d’investissement «Hôpital 2012», qui vise à moderniser les infrastructures médicales, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, avait retenu «250 projets pour 2009 ». Ils bénéficieront d’une enveloppe globale de 1,8 milliard d’euros.

Enfin, pour apaiser les tensions dans le secteur de la recherche hospitalière et améliorer la compétitivité française en la matière, un «groupe de sages», soit une commission, va réfléchir à un nouveau modèle de CHU, cinquante ans après les ordonnances de Robert Debré qui lui ont donné naissance.