Primaire: 3.000 postes en moins au concours des enseignants

EDUCATION Les syndicats dénoncent ces nouvelles suppressions, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation...

C. F. (avec agence)

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La loi sur le droit d'accueil en cas de grève en primaire, qui connaîtra jeudi son premier grand test national avec la mobilisation annoncée des enseignants, montre plusieurs limites et de nombreuses communes l'estiment inapplicable.
La loi sur le droit d'accueil en cas de grève en primaire, qui connaîtra jeudi son premier grand test national avec la mobilisation annoncée des enseignants, montre plusieurs limites et de nombreuses communes l'estiment inapplicable. — Mychele Daniau AFP/Archives

Des vocations en moins. En 2009, 15.600 postes seront ouverts aux concours de recrutement d'enseignants, contre 18.600 offerts l'an dernier et environ 22.000 postes en 2007, selon les chiffres publiés sur le site du ministère de l'Education.

C'est le premier degré (professeurs des écoles) qui subit la plus grosse perte, avec 7.000 postes offerts aux concours externes (dont langues régionales) et au troisième concours (accessible aux candidats sans aucune condition de titre ou de diplôme), contre 10.000 l'an dernier, selon les chiffres du ministère.

Pour le second degré (collèges, lycées), 8.600 postes sont offerts (tous concours confondus, agrégation, Capes, Capeps, CPE, etc.), comme l'an dernier.

Une décision «en décalage avec une démographie scolaire»

Cette annonce intervient la veille d'une journée de mobilisation des lycéens et quelques jours avant une autre journée de manifestations, le 17 janvier, contre la politique éducative dans son ensemble. Au total, 13.500 postes doivent être supprimés à la rentrée 2009.

Dans un communiqué, le SE-Unsa (2e syndicat enseignant du primaire) a dénoncé une «insuffisance du recrutement» qui «déstabilise durablement l’Ecole». Il a critiqué la «chute particulièrement brutale» dans le primaire, qui «découle des décisions budgétaires 2009 faisant disparaître 3.000 postes de stagiaires».

Ces données «illustrent la volonté gouvernementale de réduire le nombre d’enseignants, en décalage avec une démographie scolaire en augmentation continue dans le primaire et en retour de croissance dans le secondaire».

«Cette décision ajoute de la crise à la crise»

Pour le Snuipp, le syndicat des professeurs des écoles, «la politique de suppression d’emplois se traduit donc par la suppression de 3.000 postes au concours et de 3.000 postes de Rased dans les écoles, soit 6 000 postes, alors que 14 000 élèves supplémentaires sont attendus.

Dans un communiqué distinct, le syndicat étudiant Unef dénonce «une baisse des postes de 15,3% en moyenne par rapport à 2008 (45% par rapport à 2005)». «Cette décision ajoute de la crise à la crise, car elle ferme des débouchés professionnels à des milliers d’étudiants à l’heure où les 18-25 ans sont en première ligne de la remontée du chômage», estime-t-il.