Vigilance renforcée en France contre une «importation» du conflit israélo-palestinien

GAZA Les répercussions de la guerre se sont amplifiées depuis le début de l’offensive terrestre, samedi...

20minutes.fr (avec agence)

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Des milliers de personnes ont manifesté samedi dans les grandes villes européennes pour réclamer l'arrêt de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, notamment plus de 20.000 personnes à Paris, où ont eu lieu des heurts avec la police en fin de journée.
Des milliers de personnes ont manifesté samedi dans les grandes villes européennes pour réclamer l'arrêt de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, notamment plus de 20.000 personnes à Paris, où ont eu lieu des heurts avec la police en fin de journée. — Olivier Laban-Mattei AFP

Les craintes se sont bien incarnées. En la personne d’une jeune fille de 14 ans, agressée physiquement par un groupe d'élèves lundi à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) et visée par des insultes antisémites. L’ado sortait des cours, vers 16h30, lorsqu’elle s’est rendue compte qu’elle était suivie par une dizaine de collégiens, scolarisés dans le même établissement, Léon-Blum, depuis plusieurs années.

Le conflit à Gaza a été le moteur de l’incident, les remarques ont fusé. «Tu vas payer pour ce que font les Israéliens à Gaza», s'est entendue dire la victime. «Tu diras à tes frères juifs qu’on ne se laissera pas faire…» D’une balayette, la collégienne a ensuite été projetée à terre, puis frappée à coups de pied, ses agresseurs brisant ses lunettes. Ses parents ont porté plainte mardi après-midi au commissariat de Villiers-le-Bel.

Ce mercredi matin, trois élèves âgés de 13 à 15 ans, et scolarisés dans une même classe de 4e du collège Léon-Blum, ont été placés en garde-à-vue.

L’affaire de la synagogue toulousaine

Dans la nuit de lundi à mardi, toujours sur fond de crise au Proche-Orient, l'attaque contre une synagogue toulousaine a provoqué un certain émoi, déjà vif après les débordements à la suite d'une manifestation pro-palestinienne à Paris ce samedi.

L’UMP, via son porte-parole Dominique Paillé, Gérard Larcher, le président du Sénat, Dominique Sopo (SOS Racisme) ou Mouloud Aounit (Mrap)... Hommes politiques et associations ont multiplié les appels au calme afin d’éviter cette transposition du conflit en France. Le pays qui abrite les plus grandes communautés juive et musulmane d'Europe occidentale.

Michèle Alliot-Marie a réuni lundi dans la soirée les présidents du Conseil français du culte musulman (CFCM) et du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), ainsi que les responsables des services de police et de gendarmerie.

La ministre de l'Intérieur «a rappelé que préserver l'unité nationale relevait de la responsabilité de chacun», exhortant les représentants des institutions juives et musulmanes à «une particulière vigilance envers les principes républicains». Pour elle, la poursuite du dialogue entre le CFCM et les institutions juives est «plus que jamais indispensable pour contribuer à l'apaisement dans un contexte international tendu».

Mardi, après l’attaque de la synagogue, elle a pris des mesures concrètes dans un «contexte sensible». Elle a adressé des instructions aux préfets afin de «tout mettre en œuvre» pour éviter l’extension du conflit.

Une circulaire de MAM pour les préfets

Dans cette circulaire, la ministre enjoint aux préfets la plus grande attention suivant «trois principes». D'abord, «assurer la liberté d'expression, veiller au respect des lois (maintien de l'ordre public et garantie de la sécurité des personnes et des biens) et conforter les valeurs républicaines et le sentiment de cohésion nationale».

Ensuite, «renforcer les mesures de protection et de vigilance autour des établissements ou institutions qui présentent une sensibilité particulière». Enfin, lorsque des manifestations de voie publique sont envisagées, la ministre prescrit aux représentants de l'Etat de «prendre systématiquement et personnellement contact avec leurs organisateurs». Ils devront «veiller à ce que les modalités (itinéraire, jour, heure des manifestations) et les conditions d'organisation de leur propre service d'ordre permettent d'éviter les risques de confrontation et de débordement».

Et les préfets devront demander aux services de police et de gendarmerie «de procéder, en cas de troubles, aux interpellations et constatations nécessaires».

La préfecture de police de Paris, contactée par 20minutes.fr, «s'en tient à ce document», et ne s'inquiète pas outre mesure.

Les espoirs de l'initiative franco-égyptienne

Vigilance accrue donc, alors que Nicolas Sarkozy a averti mardi que la France «ne saurait tolérer que la tension internationale se traduise par des violences communautaristes», depuis sa tournée au Proche-Orient.

L’initiative conjointe qu’il a présentée avec le président égyptien Hosni Moubarak a été accueillie favorablement ce mercredi par les deux camps. Elle vaut toutes les circulaires de la place Beauvau pour éviter le clash des communautés.

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