Angolagate : Attali à la barre

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Jacques Attali fait son verbatim. L'économiste a été au centre hier du procès de l'Angolagate où il est accusé d'avoir usé de son influence, contre rémunération, pour torpiller un contrôle fiscal. Le tribunal s'est penché sur le rôle de l'ex-conseiller de François Mitterrand dans cette affaire de commerce d'armes, vendues entre 1993 et 1998 pour 790 millions de dollars à l'Angola par les hommes d'affaires Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak.

Pour l'accusation, Falcone aurait fait appel à Attali en novembre 1997, via son avocat fiscaliste, parce que la société slovaque, qui vendait les armes, faisait l'objet d'un redressement fiscal de deux milliards de francs (environ 300 millions d'euros). Attali aurait touché 160 000 dollars, tandis que son cabinet conseil signait en juillet 1998 un contrat de 200 000 dollars pour instaurer du micro-crédit en Angola, « un habillage pour justifier la rémunération », selon les enquêteurs.

Hier, Jacques Attali a nié en bloc. « Pierre Falcone est venu me voir pour me parler des réformes qu'il était nécessaire de faire en Angola », a-t-il affirmé, assurant que Falcone, déjà accusé de trafic d'armes à l'époque, lui avait dit être « intermédiaire sur le marché pétrolier ». Quant à l'avocat fiscaliste, c'est un « ami » qui « habitait à côté et passait tous les dimanches matins » chez lui.