Mort d'une patiente de 82 ans à Metz: l'hôpital dément le «manque de soins»

SANTE Son fils affirme qu'elle a passé huit heures sur un brancard sans être examinée...

J.M. avec agence

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Représentants du ministère de la Fonction publique et syndicats de fonctionnaires ont entamé mardi une négociation sur les conditions de travail et l'emploi des seniors.La question des conditions de travail est traitée différemment d'une Fonction publique à l'autre (territoriale, hospitalière, d'Etat)
Représentants du ministère de la Fonction publique et syndicats de fonctionnaires ont entamé mardi une négociation sur les conditions de travail et l'emploi des seniors.La question des conditions de travail est traitée différemment d'une Fonction publique à l'autre (territoriale, hospitalière, d'Etat) — Alain Julien AFP

La direction de l'hôpital Bon Secours de Metz a démenti lundi que le décès d'une femme de 82 ans ayant passé, samedi, huit heures aux urgences soit lié à «un manque de soins», contrairement à ce qu'a affirmé une association familiale de Moselle.

l'Union des familles laïques de la Moselle (Ufal), a en effet annoncé plus tôt dans la journée avoir déposé devant le procureur de Metz une plainte contre X pour non assistance à personne en danger. Pour l'association, la patiente, qui présentait des symptômes de déshydratation et d'insuffisance respiratoire, est décédée faute d'avoir reçu des soins aux urgences.

Examens et traitements appropriés

Selon le fils de la patiente, Jean-Marie Kremer, qui s'est joint à la plainte, sa «mère est restée samedi pendant huit heures sur un brancard dans un couloir du service des urgences sans être vue par un médecin». Il raconte que le standard téléphonique des urgences lui aurait affirmé «qu'il y avait trop de demandes et qu'on ne pouvait rien faire».

La directrice générale de l'hôpital affirme, elle, que la patiente «a été (...) examinée par un médecin qui a prescrit les examens biologiques et radiologiques nécessaires à sa prise en charge». Ensuite, «dès réception de l'ensemble des résultats, le médecin a réajusté le traitement approprié, puis a organisé le retour en maison de retraite qui a pris le relais du traitement», a précisé le Dr Michel Aussedat, chef du service des urgences et du Samu de Bon Secours.

Roselyne Bachelot sur la sellette

Yvette Kremer a été renvoyée samedi vers 20h à sa maison de retraite de Metz-Queuleu où elle est décédée, dimanche en début d'après-midi, selon la présidente de l'Ufal. Pour elle, ce décès est directement lié à la pénurie des soins organisée par le gouvernement. L'Ufal national se réserve de ce fait le droit de mettre en cause la ministre de la Santé Roselyne Bachelot.

Cette affaire survient en effet alors que plusieurs autres décès tragiques à l’hôpital ont été médiatisés, comme celui d’Ilyès, trois ans, ou d’un nourrisson de six mois. Le 29 décembre dernier, la femme d’un patient décédé faute de place en service de réanimation avait déjà déposé une plainte contre X.

Le service de relations publiques de l'hôpital Bon Secours a indiqué de son côté «n'avoir pas connaissance de cette affaire», en assurant qu'il allait enquêter. Le procureur de Metz Rémy Heitz n'a quant à lui pas encore confirmé qu'il avait bien reçu la plainte de l'Ufal et de Jean-Marie Kremer.

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