Massy: L'épouse de l'homme mort aux urgences porte plainte contre X

SANTE Après le décès d'un homme samedi qui a attendu 6 heures pour être hospitalisé, les dysfonctionnements du système hospitalier sont pointés du doigt...

MD avec agence

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Les représentants des grévistes ont jugé "insuffisantes" des propositions faites lundi par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, au cours d'une visite aux urgences de l'hôpital Saint-Antoine, à Paris.
Les représentants des grévistes ont jugé "insuffisantes" des propositions faites lundi par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, au cours d'une visite aux urgences de l'hôpital Saint-Antoine, à Paris. — Pierre Verdy AFP

L'épouse de l'homme de 56 ans mort dimanche matin à Massy faute d'avoir été hospitalisé à temps a déposé lundi une plainte contre X pour «non assistance à personne en danger». Odile Lagrange, auxiliaire de vie de 56 ans, a jugé qu'il y avait «sûrement» eu un dysfonctionnement, tout en précisant que les médecins du Samu «ont bien pris soin» de son mari. Le parquet va ouvrir une enquête préliminaire contre X pour «déterminer s'il y a eu des dysfonctionnements et où».

Le PS a demandé lundi à la ministre de la Santé Roselyne Bachelot d'apporter «une réponse immédiate» à la situation des services d'urgences en période de fêtes.

Des moyens plutôt que des visites de courtoisie

Dans un communiqué, Mireille Le Corre, secrétaire nationale PS en charge de la santé, demande à Roselyne Bachelot de «faire en sorte que toute la lumière soit faite sur les événements tragiques qui viennent de se dérouler dans le cadre de l'hôpital». Le PS demande aussi à la ministre de «reprendre à la rentrée une concertation approfondie avec les personnels et tous les acteurs concernés afin de revoir ses projets en cours».

«Les personnels hospitaliers n'ont pas besoin de la compassion de leur ministre ou de ses seules visites de courtoisie dans les hôpitaux les jours de fête. Ils ont besoin de moyens leur permettant d'exercer leur mission avec la qualité et la réactivité nécessaires, là où des vies sont en jeu», ajoute Mireille le Corre.

Roselyne Bachelot demande une enquête

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a annoncé avoir demandé une enquête sur le décès. Roselyne Bachelot «s’exprimera dans le courant de la journée, dès que les premiers éléments sur cette affaire lui auront été communiqués», a ajouté le ministère dans un communiqué.

La ministre souhaite «que toute la lumière soit faite sur les circonstances» du décès, demandant notamment «que soit reconstitué le parcours du patient depuis sa prise en charge par le Samu jusqu’à son décès». Elle «rendra publique les conclusions de cette enquête dès qu’elle sera fournie». La ministre a «demandé un état des lieux précis du nombre de lits de réanimation disponibles en Ile-de-France cette nuit-là», a indiqué le ministère.

Libérer des places en réanimation

De son côté, la société de réanimation de langue française (SRLF) a dénoncé les «dysfonctionnements» du système hospitalier français. La société a souligné qu'en période hivernale, «les hôpitaux n’ont aucune réserve de sécurité». «Le service de réanimation est un révélateur des dysfonctionnements du système hospitalier français», a déclaré Bertrand Guidet, président de la SRLF. Il est «indispensable de libérer des places de réanimation et donc de pouvoir transférer les patients vers des services classiques de l’hôpital».

La LCR d'Olivier Besancenot a également régi en rendant le président Nicolas Sarkozy et la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, «responsables et coupables», du décès. «La faute de place dans un service», met «directement en cause le pouvoir politique, responsable des fermetures de lits et de services et du manque de personnel dans les hôpitaux».