Un enfant meurt à l'hôpital: le flacon n'était pas à sa place

DRAME Sa garde à vue avait été prolongée la veille...

J.M. et V.G. (avec agence)

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AFPTV

L'infirmière qui a reconnu avoir administré une perfusion erronée au petit Ilyès, un enfant de trois ans décédé mercredi à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, a été mise en examen ce vendredi pour «homicide involontaire» et placée sous contrôle judiciaire.

Agée de 35 ans, elle a été déférée dans l'après-midi au pôle santé publique du tribunal de Paris pour y être présentée à la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy. Plus tôt dans la journée, le parquet de Paris avait ouvert à son encontre une information judiciaire pour «homicide involontaire».

L’enfant avait été admis pour une angine. Son état se serait dégradé après que l'infirmière lui a changé sa perfusion, dans laquelle elle a mis par erreur du chlorure de magnésium, produit habituellement bénin, a-t-on appris de source proche du dossier. «Aucune conclusion médicale ne peut être établie» pour le moment.

Le flacon n'était pas à sa place

Le flacon de Chlorure de magnésium, qui aurait provoqué la mort du petit Ilyès n'était pas à sa place, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier. Selon cette source, les deux flacons étaient extrêmement ressemblant avec un même bouchon et une même étiquette bleus même si les inscriptions, B46 pour l'un, et Chlorure de magnésium pour l'autre, étaient dissemblable.

Surtout, le flacon de Chlorure de magnésium n'était pas à sa place. Il n'aurait jamais du se trouver là. La juge d'instruction a retenu contre l'infirmière une mise en examen pour «une simple négligence, imprudence ou inattention», a ajouté la même source.

«Que tous les responsables soient punis»


Le père de l'enfant reproche à l'hôpital de ne pas avoir réagi assez vite et son oncle demande que «tous les responsables soient punis», dans une interview diffusée jeudi sur le site du Parisien.

«Il y avait personne, je suis sorti dans le couloir et j'ai dit aidez-moi. Il y avait des témoins. Ils disaient ‘appelez les pompiers!’. J'ai fait le tour, il y avait pas un seul infirmier. Et, quand les infirmiers sont venus, il m'ont dit ‘arrêtez de vous affoler Monsieur, votre fils n'a rien. pourquoi vous nous criez dessus’. Je leur ai dit ‘mon fils est en train de mourir’», raconte Ihmad, le père de l'enfant.

«Quand ils ont vu la gravité de l'affaire, ils sont partis dans tous les sens appeler les médecins et c'était moi qui faisait des réanimations cardiaques à mon fils. Il était déjà mort», poursuit le père.

Pour Issam, oncle de l'enfant, l'infirmière qui a reconnu une erreur dans l'administration du médicament n'est pas la seule responsable: «On peut pas mettre tout sur le dos de cette pauvre dame. Je veux pas de bouc-émissaire, je veux que tous les responsable soient punis et je pense pas que ce soit la seule responsable dans cette histoire et j'espère que la justice fera son travail», dit-il.