Les mal-logés chantent pour Nicolas Sarkozy

avec agence

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Mal-logés et sympathisants de l'association Droit au Logement (Dal) ont organisé mercredi soir un Noël de fortune pour les enfants, au pied du campement de tentes et de bâches rue de la Banque dans le centre de Paris.
Mal-logés et sympathisants de l'association Droit au Logement (Dal) ont organisé mercredi soir un Noël de fortune pour les enfants, au pied du campement de tentes et de bâches rue de la Banque dans le centre de Paris. — Pierre Verdy AFP

Mal-logés et sympathisants de l'association Droit au Logement (Dal) ont organisé mercredi soir un Noël de fortune pour les enfants, au pied du campement de tentes et de bâches rue de la Banque dans le centre de Paris.

«Petit Papa Nicolas/Quand tu descendras du ciel/Avec des logements par milliers/N'oublie pas de nous reloger», ont chanté en choeur et au mégaphone de nombreuses femmes, parodiant le traditionnel chant du temps des fêtes.

«C'est un Noël pour dire que la question du logement n'est pas réglée. Si elle l'était, ces enfants fêteraient Noël chez eux, en famille, au chaud, comme tout le monde», a déclaré Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Dal.

Le relogement des 233 familles

Au lendemain d'une réunion avec le cabinet de la ministre du Logement Christine Boutin, Eyraud a estimé trop lointaine l'échéance de la prochaine réunion fixée au 24 janvier: «pendant des semaines, les familles vont avoir froid», a-t-il fait valoir.

Il a rappelé les revendications des mal-logés: le relogement des 233 familles (sur les 374 du campement de 2007) suivant un cadencement hebdomadaire, l'application de la loi de réquisition de logements vacants et le recours au parc immobilier privé.

De son côté, Fanta, 7 ans, d'origine africaine, regarde avec les yeux brillants la poupée style Barbie qu'elle vient de recevoir d'une des Mères Noël affublées d'un chapeau pointu rouge et d'une chasuble au logo du Dal. Minata Traoré a un logement, mais la jeune femme est tout de même venue avec Bintou, 4 ans, «pour participer, les soutenir, passer Noël avec eux et pour que ça reste une fête pour les enfants».

La fête a pu avoir lieu grâce aux dons de militants sociaux: Colette Kalowski, 86 ans, et plusieurs décennies de militantisme au Mrap, a apporté des guirlandes et des boules pour décorer les trois sapins et quelques cadeaux vite distribués.

Elle trouve «scandaleux» que Christine Boutin «parle de logement à 15 euros alors que des gens continuent à dormir dehors», avant de conclure «honte à ce gouvernement!».