Jean-Charles Marchiani demande sa mise en liberté

JUSTICE L'ex préfet du Var peut notamment remercier son vieux copain Charles Pasqua...

Avec agence

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Huit proches de Charles Pasqua et son fils ont été renvoyés en correctionnelle par le juge Courroye dans une affaire de détournements de fonds entre 1993 et 1995 à la Sofremi, une société qui dépendait du ministère de l'Intérieur, a-t-on appris lundi de sources proches du dossier.
Huit proches de Charles Pasqua et son fils ont été renvoyés en correctionnelle par le juge Courroye dans une affaire de détournements de fonds entre 1993 et 1995 à la Sofremi, une société qui dépendait du ministère de l'Intérieur, a-t-on appris lundi de sources proches du dossier. — Anne-Christine Poujoulat AFP/Archives

Jean-Charles Marchiani a officiellement déposé sa demande de liberté conditionnelle à un juge de l'application des peines parisien. Selon le site du «Figaro», son avocat, Jacques Tremolet de Villers a transmis cette demande mardi après avoir reçu la télécopie du ministère de la Justice lui annonçant que L'ex-préfet du Var pouvait prétendre à une libération conditionnelle. Cette bonne nouvelle, Jean-Charles Marchiani la doit notamment à son vieux copain Charles Pasqua, prévenu comme lui dans le procès de l’Angolagate.

Sur RTL, l’ancien ministre de l’Intérieur a justifié la grâce accordée à Marchiani par son intervention dans la libération des otages français au Liban en 1988: «Moi je ne connais de Marchiani que l'homme courageux qui a agi conformément aux instructions qu'il avait reçues puisque c'est moi qui, au nom du gouvernement, l'avait chargé de cette tâche.»

«Marchiani a risqué sa vie»

Alors que cette grâce présidentielle «peut toujours choquer quelques personnes», Pasqua reste persuadé «que l'immense majorité des Français se souvient probablement de ce que Marchiani à l'époque a risqué sa vie et je crois que c'est ce qui a pesé dans la balance».

«Qu'il y ait eu un certain nombre d'interventions notamment» des ex-otages «auprès du chef de l'Etat, c'est évident, et que le Président ait décidé d'en tenir compte, il n'y a là rien d'extraordinaire.»

Et parmi ces interventions, il y a bien celle de Charles Pasqua, répondant avec tact sur son implication: «Si vous entendez par là le fait que j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec le président de la République du cas de Jean-Charles Marchiani, la réponse est oui. Je suis allé à l'Elysée chaque fois que le président de la République a souhaité me voir».

Pasqua a enfin jugé «assez médiocre» les attaques des socialistes sur cette grâce, leur conseillant d'exercer leur rôle d'opposants sur «des sujets dignes de ce nom».

Levée de boucliers à gauche

La gauche se dit outrée. Evoquant «une atteinte à l'autorité de la chose jugée» et un retour des «privilèges», le député PS Arnaud Montebourg a fustigé la décision: Nicolas «Sarkozy est en train de nous reconstituer un régime aristocratique au profit de ses amis».

Chez les Verts, le député Noël Mamère, a dénoncé une «dérive monarchique», et «la dérive du bon plaisir». «Cela s'appelle monarchie républicaine, ou république bananière. Dans les deux cas, ce n'est pas glorieux pour le pays», a-t-il confié, comparant le sort de Marchiani à celui de Julien Coupat, le jeune homme suspecté d’avoir saboté les caténaires SNCF et qui passera les fêtes en prison.

Mardi, le porte-parole du PS Benoît Hamon avait réagi aussitôt après l'annonce de l'Elysée, en évoquant une «peine raccourcie pour services rendus ou proximité partisane». C'est une «nouvelle illustration d'une dérive du fonctionnement des institutions et de la pratique présidentielle», a précisé l'eurodéputé. Plutôt clairvoyant: Jean-Charles Marchiani, «a la particularité d'être le meilleur ami de Charles Pasqua», «parrain politique» du président de la République.

Charles Pasqua n’a certainement pas dit le contraire ce mercredi sur RTL.

Les ex-otages du Liban heureux
Quatre d'entre eux (Marcel Carton, Jean-Paul Kauffmann, Jean-Louis Normandin et Roger Auque) avaient lancé en mai un appel à Nicolas Sarkozy pour qu'il gracie leur «libérateur». Ce mercredi matin, Kauffmann, journaliste, écrivain et otage pendant près de trois ans, a salué cette décision.