Rats à Saint-Lazare: guerre de l'intox autour du cas de leptospirose d'un agent

SANTE Ce dernier continue d'affirmer qu'il est malade, alors que son employeur semble pressé de classer l'affaire...

Julien Ménielle

— 

Extrait d'une analyse de laboratoire sur la leptospirose
Extrait d'une analyse de laboratoire sur la leptospirose — DR

Depuis début décembre, une bataille oppose à distance la SNCF à l'un de ses agents. Par presse interposée, ils s'affrontent sur la leptospirose que le jeune homme affirme avoir contractée par des rats sur son lieu de travail. Pour la SNCF, la maladie comme son mode de transmission restent à prouver. Mais l'agent persiste dans sa version.

Pour Jacques*, c'est sûr, il est malade et a été contaminé par les rongeurs qui infestent la gare Saint-Lazare, où il exerce en tant qu'agent de quai. Contacté par 20minutes.fr, il affirme toujours ressentir «des maux de tête et des crampes dans les jambes», et avoir désormais «du mal à pisser». Soit une liste des symptômes de la maladie tels qu'on peut en trouver sur le Web.

Arrêt-maladie prolongé

A la SNCF, l'incident est pourtant considéré comme clos. Un Comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) s'est tenu et des informations sur la maladie ont été distribuées aux salariés. La dératisation est terminée. Un porte-parole annonce à 20minutes.fr que «l'agent a repris son service».

«Tu parles, ricane l'intéressé, je suis toujours sous traitement et mon arrêt-maladie a même été prolongé jusqu'à début janvier.» C’est-à-dire jusqu'aux résultats définitifs des examens qui doivent déterminer si, oui ou non, il est atteint de la leptospirose. «Ça prend plus de temps que prévu, explique-t-il, et mon médecin pense que ce n'est pas bon signe.»

«On me cherche des poux pour avoir ouvert ma gueule»

Pour le praticien, les choses ne sont pas aussi claires. «Le premier examen montre que le patient est faiblement positif, le second a été envoyé à un centre de référence», explique-t-il à 20minutes.fr Mais selon lui, le jeune homme «n'a probablement pas la leptospirose». Le médecin estime que le résultat du bilan sanguin peut avoir été perturbé par une autre maladie, plus banale.

Quelles que soient les conclusions finales des analyses biologiques, les ennuis ne semblent pas finis pour l'agent. «On me cherche des poux pour avoir ouvert ma gueule», s'emporte-t-il. Selon lui, la SNCF a engagé à son encontre des procédures disciplinaires «en allant chercher des vieilles affaires qui étaient réglées, comme des disputes avec des collègues remontant à plusieurs mois».

Jacques annonce que son frère et lui ont fait appel à un avocat pour envisager les poursuites à engager. «Je sais que la SNCF a fait placarder des affiches partout pour dire aux collègues que cette histoire était terminée», assure-t-il, soulignant de son côté que c'est loin d'être le cas.


>> C'est quoi la leptospirose? Pour le savoir, cliquez ici.

* Le prénom a été modifié.