Les cérémonies de voeux 2009 au pain sec

Stéphane Colineau - ©2008 20 minutes

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La note est signée par le ministre du Budget, Eric Woerth. Elle a atterri dans les boîtes mail des directeurs de son ministère. « J'ai pris la décision de supprimer la carte de voeux dans sa version papier. L'économie induite s'établit à 92 000 euros. » Le ton est donné. Crise oblige, les voeux 2009 se feront à l'économie dans nombre de ministères et de collectivités (lire ci-dessous). Les traditionnelles cérémonies, où sont dressés les bilans et distribuées les feuilles de route, ne sont pas épargnées.

Eric Woerth et sa ministre de tutelle, Christine Lagarde, ont décidé de faire cocktails communs, de préférence à l'heure du goûter, histoire de proposer « des cacahuètes plutôt que des petits-fours », explique un conseiller. Bilan, des coûts divisés par deux. Les deux grands argentiers du gouvernement poussent loin l'austérité. D'autres, moins zélés, conservent néanmoins un oeil sur le porte-monnaie. Matignon et la Chancellerie recourent, eux aussi, aux cartes de visite électroniques, avec « 112 000 euros d'économie » à la clé au ministère de la Justice. Au ministère de l'Education, Xavier Darcos a passé « la consigne pour des voeux simples ». Il n'organisera pas, comme l'an passé, de raout avec des personnels venus de toute la France au palais de la Découverte, à Paris.

S'ils voient ces initiatives d'un bon oeil, ni l'Elysée ni Matignon n'adressent de consignes. « On ne donne pas d'instructions, mais chacun sait que les temps sont difficiles », explique un conseiller du Premier ministre. Son de cloche identique à l'Elysée, où l'on souligne néanmoins « l'importance de maintenir un lien avec les Français en début d'année ». Pour cette raison, le chef de l'Etat, après avoir réduit le nombre de cérémonies l'an passé, a prévu d'aller à la rencontre du monde de l'économie, de la culture ou de la sécurité. Des économies, oui, mais pas à n'importe quel prix.