Les collectivités locales ne sont pas non plus à la fête

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Ceinture. La plupart des collectivités ont décidé elles aussi de tailler sévèrement dans le budget de leurs cérémonies de voeux en janvier prochain. Quand elles ne les annulent pas purement et simplement. C'est le cas, par exemple, dans de nombreuses collectivités des Bouches-du-Rhône. Conseil régional, général, mairie de Marseille et communauté urbaine ont toutes annoncé la semaine dernière l'annulation de leurs cérémonies. Seuls le département (budget : 250 000 euros) et la région (budget non communiqué) en feront don à des associations caritatives. La municipalité et la communauté urbaine de Marseille ont, elles, décidé de le reverser dans leur budget général. Patrick Menucci (PS), maire des 1er et 7e arrondissements, estime que « les cérémonies, ça coûte très cher et, en plus, il y en a tellement que ça bloque tout le mois de janvier, on ne pouvait quasiment plus travailler ». Le maire économisera quelque 25 000 euros.

En Ile-de-France, la très dispendieuse cérémonie du conseil général de Seine-Saint-Denis, qui se chiffrait à 900 000 euros, est elle aussi annulée a décidé le nouveau président du conseil général, Claude Bartolone (PS). « Dès son arrivée, il avait demandé de diviser par deux ce budget. Depuis la découverte de nos emprunts toxiques, nous avons décidé de les annuler », explique-t-on à l'hôtel du département. Dans le département voisin du Val-d'Oise, on annonce que, en janvier, « ce sera cacahuètes et soft drinks ». Et le budget de fondre de 300 000 euros à 15 000 euros.

A Strasbourg aussi on va tailler dans les petits-fours. « Nous allons réduire les frais de façon conséquente, aussi bien pendant la période de voeux, que pendant l'ensemble de l'année », assure Robert Hermann, premier adjoint au maire (PS). Les quinze verres de l'amitié programmés chaque année en janvier dans les quartiers de la ville seront regroupés en quatre soirées. Les restrictions visent à diminuer de « 2 % le socle budgétaire annuel alloué aux réceptions », précise l'élu. Une paille ? Non, rétorque la municipalité, car cette économie doit lui permettre d'éponger l'organisation du repas pour les 2 500 journalistes qui devraient suivre le sommet de l'Otan, le 4 avril.

En pleine tempête financière, d'autres ont néanmoins décidé de maintenir le cap. Ainsi, au conseil régional des Pays de la Loire, pas de bouleversement à attendre. Si ce n'est que la cérémonie dans les cinq départements sera regroupée en une seule, à l'hôtel de région, le 23 janvier. Du côté de la mairie de Lyon, on indique que les voeux du maire aux corps constitués se dérouleront comme d'habitude. Le maire Gérard Collomb (PS) avait néanmoins déjà supprimé, en 2004, la cérémonie des voeux aux Lyonnais, qui réunissait un millier de personnes à l'hôtel de ville. « Mais nous avons baissé notre budget fête et événements », assure la municipalité. Au conseil régional de Rhône-Alpes, on admet que le maintien de la cérémonie a posé question. Elle sera toutefois maintenue dans une « version simple, sans grande scénographie ».

A Bordeaux, la cérémonie est maintenue, sans aucune restriction. Alain Juppé (UMP) prétexte que son budget a toujours été maîtrisé. En revanche, le maire de Bordeaux enverra ses cartes de voeux par e-mail. Un choix justifié officiellement par des raisons écologiques, même si les économies sont réelles : environ 30 000 euros.

La maire UMP d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains, s'est aussi interrogée sur l'éventualité d'annuler la cérémonie qui se tiendra le 20 janvier à la Cité du livre. Avant de « réaliser que derrière les manifestations organisées par les collectivités, il y a des entreprises qui travaillent. La période des voeux représente une activité importante pour les traiteurs, je me refuse à mettre en difficulté ces sociétés. J'estime qu'il s'agit là de ma responsabilité d'élue locale. »

Avec nos rédactions régionales