Sarkozy s'oppose à l'opposition

Bastien Bonnefous (avec AFP) - ©2008 20 minutes

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Le président de la République française défend d'abord sa majorité politique. Nicolas Sarkozy s'en est pris, hier, à l'opposition, l'accusant de semer la « pagaille » à l'Assemblée pour « le seul plaisir d'empêcher des réformes ». En déplacement dans les Vosges pour évoquer l'avenir de la ruralité, le chef de l'Etat a confié, lors d'une table ronde, que « si l'opposition a des idées, qu'elle n'hésite pas à les donner pour résoudre les problèmes de la France, je serais très heureux de les écouter ». Une attaque qui fait suite aux combats parlementaires menés par la gauche, entre autres contre les lois sur l'audiovisuel public ou le travail dominical. François Fillon a d'ailleurs annoncé, hier, le report à la rentrée de la proposition de loi sur le travail le dimanche, « pour calmer les esprits », a précisé le Premier ministre.

Pour Sarkozy, « les injures, le blocage systématique, pour empêcher de voter des textes [...] ce n'est pas la démocratie, ça, c'est la pagaille. Je comprends qu'il y ait une opposition qui n'est pas d'accord avec la majorité, mais il y a manière et manière de s'exprimer », a estimé le chef de l'Etat.

Une charge jugée déplacée par l'opposition. « Ce n'est pas l'opposition qui sème la pagaille, c'est cette frénésie de réformes inutiles, bâclées et bourrées d'injustices », a répondu, hier, Jean-Marc Ayrault, patron des députés socialistes à l'Assemblée. Pour le PS, le président Sarkozy, en critiquant l'opposition, est sorti de sa neutralité. « Je voudrais rappeler au président de la République qu'il n'est pas président de l'Assemblée nationale », a précisé Jean-Marc Ayrault, ajoutant que « oui, ne lui en déplaise, l'opposition se fait entendre, et elle continuera à le faire, sans lui demander la permission ».