Les lycéens ne sont pas encore en vacances

Laure de Charette - ©2008 20 minutes

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Seront-ils aussi nombreux à la rentrée ? Peut-être. Entre 127 000 et 150 000 lycéens, selon les sources, ont défilé, hier, globalement dans le calme, de Rennes à Dijon, de Paris à Bordeaux, sans oublier Lyon ou Lille. Bien plus que ces derniers jours. Le mouvement contre la réforme du lycée, jusque-là plutôt circonscrit à l'Ouest, s'est étendu à l'ensemble du pays. « Cela prouve que les jeunes ne baissent pas les bras », se réjouit Lucie Bousser, présidente de l'UNL, premier syndicat lycéen, qui juge la mobilisation « exceptionnelle ». Avec un lien de cause à effet facile à établir, Xavier Darcos, ministre de l'Education, a annoncé hier la réouverture de la « totalité du dossier » (lire ci-dessous). Lundi déjà, il avait repoussé d'un an la réforme de la seconde.

Désormais, les cortèges demandent le retrait de l'ensemble de la réforme du lycée telle qu'envisagée par le gouvernement. Surtout, ils exigent l'annulation des suppressions de postes, comme à Lille où certains manifestants ont repris en choeur : « Au clair de la Lune, mon ami Darcos, prête-moi ta thune, pour payer mes profs. »

A la rentrée 2009, 13 500 suppressions de postes sont prévues, en raison de la baisse démographique escomptée. Au lycée, 22 000 élèves en moins sont attendus à la rentrée prochaine, selon le ministère.

Pour autant, difficile de savoir si les cortèges resteront garnis après les vacances de Noël qui débutent ce soir. Un appel à manifester le 17 janvier dans tous les départements a été lancé hier par un collectif réunissant les principales fédérations de l'Education, les organisations lycéennes et des parents d'élèves. Et de son côté l'Unef, principal syndicat étudiant, appelle aussi ses troupes à rallier les mobilisations prévues le premier mois de l'année.