« Les jeunes ont le sentiment d'être méprisés »

- ©2008 20 minutes

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Comment expliquer une telle mobilisation, malgré le report de la réforme ?

Les conseils de classe sont passés, on est à la veille des vacances. Les contraintes scolaires étant moins nombreuses, le malaise peut davantage s'exprimer. Et puis le rapport de force leur semble favorable : Xavier Darcos a déjà dû repousser sa réforme, maintenant il parle de tout remettre à plat. Cette victoire encourage les lycéens à continuer.

Ces défilés reflètent-ils un malaise de la jeunesse ?

Oui. Pour les jeunes, l'avenir est inquiétant. Ils ont en tête la crise économique, le chômage. L'affaire grecque joue aussi dans le climat. Ils ont le sentiment d'être relégués, d'être méprisés. La diminution du nombre d'heures de cours envisagée est par exemple perçue comme quelque chose qu'on leur enlève, qu'ils devront compenser par leurs propres moyens, à leurs frais.

La mobilisation peut-elle reprendre à la rentrée ?

On sait désormais que les vacances n'arrêtent pas forcément un mouvement. Janvier, c'est le début d'un nouveau trimestre. Ce pourrait être aussi le moment d'imposer un rapport de force lors de la reprise des négociations et la manifestation nationale à l'appel des grandes organisations syndicales.

Recueilli par L. de C.