Les lycéens veulent une réforme, mais pas celle de Darcos

EDUCATION Les organisations appellent à poursuivre le mouvement et veulent négocier...

Julien Ménielle
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"Cette réforme devait être mise en oeuvre de façon beaucoup trop rapide", a témoigné Guillaume, lycéen dans un établissement de l'Essone, qui s'est dit "prêt à poursuivre la mobilisation".
"Cette réforme devait être mise en oeuvre de façon beaucoup trop rapide", a témoigné Guillaume, lycéen dans un établissement de l'Essone, qui s'est dit "prêt à poursuivre la mobilisation". — Mehdi Fedouach AFP

Xavier Darcos a eu beau repousser la réforme sur le lycée d'un an, les lycéens n'ont pas annulé leurs mouvements de protestations. Ce mardi, 20 lycées sont bloqués à Paris, soit deux fois plus que la veille, tandis que dans l'ouest du pays, la mobilisation ne faiblit pas avec plusieurs milliers de manifestants dans les rues.

>> Manifs à Lyon: «Si nous y échappons, ceux qui suivent se la prendront en pleine face»

«On demande le retrait de la réforme Darcos, mais on ne demande pas l'annulation du principe d'une réforme», précise Alix Nicolet, présidente de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl). Elle estime que «reculer la réforme est un moyen de casser le mouvement des lycéens»

«Reculer pour mieux sauter»

Le ministre de l'Education nationale confirme presque ses craintes en annonçant «reculer pour mieux sauter». Il rassure cependant sur sa volonté de négocier non seulement la réforme de la seconde, mais «globalement la totalité de la réforme du lycée», y compris la première et la terminale, ainsi que «la question du statut des enseignants au lycée».

De belles promesses qui ne convainquent pas Antoine Evennou. Contacté par 20minutes.fr, le secrétaire général de l'Union nationale lycéenne (UNL) «attend des garanties, il est temps de commencer les négociations». Jusqu'à présent, les rendez-vous accordés par la ministère n'ont jamais été honorés.

Rester mobilisés

L'UNL veut une réforme pour le lycée, «mais pas celle-là, qui n'a qu'un seul but: supprimer des postes d'enseignants et faire des économies». L'organisation appelle donc à poursuivre les mouvements de rue et les blocages de lycées jusqu'à ce que ses représentants soient reçus et leurs revendications entendues.

Du côté de la Fidl, Alix Nicolet craint «que Xavier Darcos fasse passer sa réforme en fin d'année ou pendant les vacances scolaires». Elle annonce donc qu'il faut «se mobiliser jusqu'à ce que cette réforme soit effacée». Non seulement la manifestation de jeudi est maintenue, mais la jeune fille annonce déjà une mobilisation «pour la rentrée», en janvier.

>> Pourquoi Darcos a-t-il changé d'avis? Pour le savoir, cliquez ici.

Le point sur le mouvement de ce mardi en France

A Paris, 1.800 à 2.500 lycéens ont manifesté mardi matin

A Bordeaux, 5 à 7.000 lycéens ont défilé dans les rues

A Rennes, les manifestants étaient de 4 à 6.000

A Brest, le cortège regroupait 2.000 manifestants, et 2.300 à Quimper

Au Mans, 900 à 2.000 lycéens ont défilé dans le centre-ville

A Lyon, les manifestants étaient environ 600

Dans le reste de la France
, de nombreux cortèges  ont défilé, et des lycées ont été bloqués, notamment en Bourgogne, Haute-Normandie et Midi-Pyrénées.