«Personne ne connaît le Front révolutionnaire afghan et ça c'est inquiétant»

TERRORISME Alors que des explosifs ont été retrouvés mardi matin dans un grand magasin parisien, Louis Caprioli, spécialiste du terrorisme et ancien de la DST, revient sur la technique utilisée par le groupe afghan qui a revendiqué le dispositif...

Recueilli par Maud Descamps

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Cinq pains d'explosif ont été saisis mardi matin dans le magasin Printemps-Haussmann à Paris (IXe arrondissement), a-t-on appris de source policière.
Cinq pains d'explosif ont été saisis mardi matin dans le magasin Printemps-Haussmann à Paris (IXe arrondissement), a-t-on appris de source policière. — Patrick Kovarik AFP

Alors que des explosifs ont été retrouvés mardi matin dans un grand magasin parisien, Louis Caprioli, spécialiste du terrorisme et ancien de la DST, revient pour 20minutes.fr sur la technique utilisée par le groupe afghan qui a revendiqué le dispositif…

La technique utilisée par le groupe afghan qui a revendiqué le dispositif est-elle connue?
Non, c'est tout à fait étonnant, car c'est une technique qui traditionnellement est utilisée par ETA, sauf que les basques amorcent toujours leurs explosifs. Ici, le matériel n'était pas amorcé et donc ne pouvait pas exploser. C'est clairement une mise en garde. Ce qui est étonnant, c'est la technique par laquelle le groupe afghan a revendiqué son acte. Une lettre a été envoyée par voie postale à l'Agence France presse (AFP) . Aujourd'hui les groupes terroristes revendiquent leurs actes par Internet. Cette manière de faire nous fait revenir aux années 1985.
Ensuite, en ce qui concerne le groupe qui a revendiqué le dispositif, le «Front révolutionnaire afghan», personne ne le connaît. Que ce soit du côté de la police que du côté des autorités afghanes. Et ça, c'est un nouvel élément très perturbant et inquiétant.

Quel est le but de ce genre d'action?
Le but est clairement de faire peur. En cette période de Noël, l'impact psychologique est énorme. Cela me rappelle les attentats de décembre 1985 aux Galeries Lafayette et au Printemps (où ont été retrouvés les explosifs ce mardi) par le Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient (CSPPA). Le but est de faire peur à la population. Pour le moment nous ne connaissons pas la nature de l'explosif utilisé. Il peut être militaire ou chimique. S'il est militaire, cela veut dire que la mouvance qui est derrière ce groupe, le «Front révolutionnaire afghan», est très menaçante et a réussi à faire passer l'explosif en France clandestinement. S'il est chimique, cela veut dire que le groupe a trouvé les moyens de la fabriquer sur le territoire français.

Doit-on prendre au sérieux cette menace?
On peut envisager que cet acte soit le fait d'un hurluberlu. C'est possible. Mais ce qui m'étonne, c'est que l'auteur qui est derrière cela soit en mesure de sacrifier cinq pains d'explosif. Soit c'est une simple menace et ça s'arrête là. Soit, le groupe a une véritable réserve d'explosif, et l'avertissement de ce mardi est le dernier avant passage à l'acte. Et, dans ce dernier cas, on peut craindre le pire. Le fait de sacrifier du matériel explosif pour faire peur, montre qu'ils ont des réserves et donc des moyens d'action.

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