Lycée: Darcos reporte la réforme à 2010, l'appel à manifester maintenu

EDUCATION Alors qu'elle devait être officiellement présentée mardi...

C. F. (avec agence)
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L'ex-ministre délégué à l'Enseignement, Xavier Darcos, 59 ans, devient ministre de l'Education.
L'ex-ministre délégué à l'Enseignement, Xavier Darcos, 59 ans, devient ministre de l'Education. — SIPA
Une décision qui a de quoi surprendre. Xavier Darcos a annoncé ce lundi le report d'un an la réforme du lycée. Cette décision a été prise durant le week-end, après «consultation» et «accord» du chef de l'Etat, a expliqué le ministre sur Europe 1.

«Nous avons trouvé qu'il était convenable de faire ainsi parce que objectivement le climat ne se prête pas à avancer sereinement», a-t-il ajouté. Le Premier ministre François Fillon a pour sa part justifié le report par un «besoin d'explication» et parce qu'«on n'est pas à trois mois près».

Chaque étape reportée d'un an

Le ministre de l'Education a d'abord annoncé ce lundi matin le report de la réforme de la seconde de la rentrée 2009 à la rentrée 2010. Très attendue, la conférence de presse de mardi au cours de laquelle il devait détailler la nouvelle seconde, a été «annulée».

Son entourage a ensuite précisé à l'AFP que de ce fait, chaque étape de la réforme du lycée serait reportée d'un an: la classe de première nouvelle version sera pour la rentrée 2011 et celle de terminale pour la rentrée 2012.

«Une large concertation»

Depuis deux semaines, les lycées sont secoués par des mobilisations spontanées et non encadrées, particulièrement fortes dans l'Ouest. A ce stade, la réforme de la seconde comportait notamment une année divisée en deux semestres et trois heures de soutien par semaine, pour mieux préparer les lycéens à l'enseignement supérieur et éviter les redoublements. Enseignants et lycéens redoutaient des baisses d'horaires dans certaines disciplines, des suppressions de postes et critiquaient surtout le calendrier de la réforme.

Le ministre entend donc, dit-il, «laisser plus de temps» pour «prolonger les discussions (...) en abordant sans tabou tous les sujets» et en veillant à «l'équilibre respectif des disciplines». Il a évoqué une «large concertation avec les représentants des enseignants, des lycéens et des familles».

Appels à manifester maintenus

«Avancée» pour l'UNL (première organisation lycéenne), «succès, résultat des mobilisations» selon la FSU (première fédération de l'Education), «bon sens» pour le syndicat Snalc-Csen et les chefs d'établissements du SNPDEN, «décision sage» selon l'UMP, «première mesure de sagesse» pour l'ex-ministre socialiste Jack Lang... les réactions ont été positives.

Toutefois, l'UNL a maintenu son mot d'ordre de manifestations jeudi, la Fidl appelant les lycéens à rester vigilants et à se mobiliser mardi et jeudi.