Montfermeil: Abdoulaye Fofana «veut se défendre»

JUSTICE Le dossier de procédure ayant disparu, son procès ne peut pas se tenir...

Avec agence

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Le dossier original de procédure s'étant volatilisé, le tribunal correctionnel de Bobigny a constaté mercredi qu'il n'était plus saisi des violences aggravées reprochées à Abdoulaye Fofana, le jeune de 20 ans frappé le 14 octobre à Montfermeil par deux policiers.

«L'original de la procédure a disparu» au greffe mais «il reste une copie certifiée conforme» et il y a aura des «suites», précise toutefois le substitut du procureur Quentin Dandoy, ajoutant qu'«il est hors de question d'envisager un classement».

Information judiciaire


Le substitut a annoncé son intention «d'ouvrir une information judiciaire pour les faits de violences aggravées reprochés à M. Fofana». Elle sera jointe à la première enquête sur les violences dont cet étudiant en 2e année de BTS au casier vierge a été la victime et dans laquelle deux agents du commissariat de Gagny (Seine-Saint-Denis) ont été mis en examen le 22 octobre.

Loin de se réjouir, l'avocat d'Abdoulaye Fofana, Maître Yassine Bouzrou, a demandé en vain que le tribunal passe sur cet aléas et «que l'audience se tienne». Il explique que son client s'est présenté et «veut se défendre. Il conteste tout de cette interpellation rocambolesque».

Abdoulaye Fofana «veut se défendre»


L'avocat regrette la tournure des événements: «c'est dommage, on avait une expertise très bonne pour nous». Il juge «étonnant» qu'un dossier «aussi sensible» puisse se perdre. «Ca peut-être une erreur, une négligence», conclut-il.

Ce jeune homme des Bosquets est accusé d'avoir caillassé un véhicule de police une heure avant son interpellation. Il affirme avoir passé toute la soirée chez lui à regarder le match de football France-Tunisie avec des amis et sa famille. Les policiers racontent l'avoir poursuivi depuis le bas de son immeuble à 22h.

Trouble interpellation

Les policiers ont-ils enfoncé la porte, comme les accuse le jeune, ou est-ce Abdoulaye Fofana qui a donné un violent coup d'épaule, comme l'affirment les policiers? L'enquête devra éclaircir ce point.

Selon l'expertise évoquée par Maître Bouzrou, la porte pouvait être ouverte par un coup de pied car la gâche était déjà dégradée mais un fort coup d'épaule n'aurait pas suffi à la casser.

Une vidéo tournée par un voisin d'immeuble réalisateur au sein du collectif Kourtrajmé, qui filmait les échauffourées ayant éclaté ce soir-là entre policiers et jeunes de la cité, atteste des coups de matraque et crosse de flash-ball portés au jeune menotté, qui s'est vu reconnaître deux jours d'incapacité totale de travail (ITT). La vidéo avait été diffusée par le site rue89.


Violences policières à Montfermeil
envoyé par rue89