Sursis requis dans la douleur

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Le procureur de la République a requis hier huit mois de prison avec sursis à l'encontre d'un pharmacien de 38 ans, jugé à Vienne pour avoir oublié son fils dans sa voiture au soleil, entraînant sa mort en juillet à Pont-de-Chéruy (Isère). Un drame décrit comme « inconcevable », et qui « reste sans explication ». « Les faits sont incompréhensibles, mais ils se sont produits. Il n'arrivera jamais à comprendre comment il a pu oublier son fils, mais sa mort ne peut nous laisser indifférents », a déclaré le procureur, Franck Rastoul, dans un réquisitoire empreint de « compassion pour les familles et le prévenu ».

« Ce procès ne peut réparer l'irréparable, mais il peut avoir une finalité pour la collectivité », a-t-il souligné, ajoutant que si, « humainement, le procès aurait pu être épargné aux parents, l'affaire ne pouvait pas faire l'objet d'un banal classement ». Pour le parquet, ce débat, « nous le devions à la société ».

Vêtu de noir, la tête dans les mains, le père, qui souffre depuis de « dépression », écoute prostré. Ce drame « peut arriver à tout le monde, et ça nous conduit à être extrêmement modestes », a plaidé pour la défense Thierry Monot, soulignant qu'avec la mort de son fils, son client était « déjà condamné » à une peine à vie. « Ce drame terrible, a-t-il conclu, doit lui permettre d'avancer, et votre décision l'y aidera. » Le jugement a été mis en délibéré à demain.