Les jeux violents mal évalués

David Carzon - ©2008 20 minutes

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En savoir plus, pour mieux prévenir. Comme tous les spécialistes qui travaillent sur les questions de violence à l'école, Eric Debarbieu, du département des sciences de l'éducation de l'université de Bordeaux, réclame, dès l'an prochain, « la mise en place d'une enquête de victimation annuelle » sur tous les jeux d'agression et de harcèlement pour en connaître l'ampleur. « Nous savons que ces jeux touchent tous les milieux sociaux, estime-t-il. Mais en l'absence de données chiffrées, nous ne pouvons pas savoir si ce phénomène s'aggrave ou non. En revanche, un enfant victime de harcèlement aura quatre fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les autres dans son adolescence. »

En 2006, Grégory Michel, professeur de psychopathologie, a mené une étude auprès de 500 collégiens de l'académie d'Orléans-Tours, et il en est arrivé à la conclusion que 12 % des jeunes avaient déjà pratiqué des jeux d'agression. Ce spécialiste insiste sur leur impact, certains pouvant provoquer des phobies scolaires, notamment en 6e et en 5e. « Le pire, c'est que les parents sont souvent les derniers informés, souligne-t-il. Au bout du compte, ce qui est difficile, c'est de distinguer les meneurs - ceux qui y prennent plaisir -, de ceux qui se laissent entraîner. » Habituellement, les victimes sont souvent des timides, ceux qui ont du mal à se défendre, ou ceux qui peuvent susciter une forme de jalousie.

Eric Debarbieu suggère de faire de l'information auprès des enfants, des parents et du personnel de l'éducation dès la primaire, et non pas d'attendre le collège, car « c'est à ce moment que la prévention sera la plus efficace ».