Kouchner pense avoir «eu tort» de demander un secrétariat d'Etat aux Droits de l'homme

POLITIQUE Alors que le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'homme sera célébré ce mercredi, le «French doctor» avoue une certaine résignation...

Avec agence

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MM. Kouchner et Miliband doivent être reçus par M. Kagame dont le pays a rompu en novembre 2006 ses relations diplomatiques avec la France.
MM. Kouchner et Miliband doivent être reçus par M. Kagame dont le pays a rompu en novembre 2006 ses relations diplomatiques avec la France. — Natalia Kolesnikova AFP/Archives

La Realpolitik a rattrapé le faucon du droit d’ingérence. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, confie avoir «eu tort» de demander la création d'un secrétariat d'Etat aux Droits de l'homme. «Il y a contradiction permanente entre les Droits de l'homme et la politique étrangère d'un Etat, même en France», dit-il dans un entretien paraissant ce mercredi dans «Aujourd'hui en France».

«Cette contradiction peut être féconde mais fallait-il lui donner un caractère gouvernemental en créant ce secrétariat d'Etat? Je ne le crois plus et c'est une erreur de ma part de l'avoir proposé» à Nicolas Sarkozy, dit-il, tout en saluant la secrétaire d'Etat Rama Yade qui «a fait, avec talent, ce qu'elle a pu».

Cet aveu vient après tant de controverses entre défense des Droits de l’homme et intérêts économiques au sein du gouvernement, qui ont culminé avec la venue de Kadhafi, le peu libéral commandeur lybien, en décembre 2007 ou au moment de la répression chinoise au Tibet au printemps dernier. Yade s’était faite plusieurs fois sérieusement recadrer après avoir défendu les Droits de l’homme, et Kouchner, si véhément par le passé, semblait s’être résigné.

Kouchner s’est éloigné «d’un certain angélisme»

L'ancien «French doctor» note qu'on «ne peut pas diriger la politique extérieure d'un pays uniquement en fonction des Droits de l'homme. Diriger un pays éloigne évidemment d'un certain angélisme.»

Bernard Kouchner et Rama Yade participeront mercredi soir aux cérémonies de célébration du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'homme avec notamment un rassemblement et le dévoilement d'une plaque sur le Parvis des Droits de l'homme au Trocadéro à Paris.