Suppression de la demi-part des parents isolés: «Une vraie perte de pouvoir d'achat»

INTERVIEW François Fondard, président de l'Union nationale des associations familiales, revient sur l'amendement Marini, adopté par le Sénat...

Propos recueillis par Julien Ménielle

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Sur les questions cruciales des salaires, de l'emploi de la fiscalité et des retraites, chacun des grands candidats propose ses recettes.
Sur les questions cruciales des salaires, de l'emploi de la fiscalité et des retraites, chacun des grands candidats propose ses recettes. — Mychèle Daniau AFP/Archives

Le Sénat a adopté un amendement de Philippe Marini (UMP), qui prévoit la suppression de la demi-part supplémentaire accordée aux parents ayant élevé seul leur enfant, même lorsque celui-ci n’est plus à leur charge. Le point de vue de François Fondard, président de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), regroupant 800.000 familles adhérentes au sein de 8.000 associations.

Que vous inspire la suppression de la demi-part pour les parents isolés votée par le Sénat?
L’Unaf est formellement opposée à cette suppression, qui touche des familles monoparentales dans des situations difficiles. Elle pénalise des personnes isolées en remettant en cause une politique qui leur permettait de faire face seules à des dépenses qu’elles assumaient auparavant à deux.

Dans quel contexte cette mesure avait-elle été mise en place?
A l’époque, il s’agissait de permettre à un conjoint resté seul de continuer à assumer les charges du couple. Dans le cas d’une séparation, celles-ci restent élevées même lorsque les enfants ne sont plus à charge. D’autant que les pensions alimentaires disparaissent. Mais il peut aussi s’agir d’un décès, avec des pensions de reversion souvent insuffisantes.

Quelles pourraient être les conséquences pour les personnes concernées?
En terme de budget, cette mesure pourrait mettre les gens dans des situations difficiles. Actuellement, certaines familles modestes ne sont pas imposables grâce à cette demi-part supplémentaire. Demain ce ne sera peut-être plus le cas avec une vraie perte de pouvoir d’achat. La plus grande difficulté rencontrée est celle des loyers et des charges locatives. On peut assister à des déménagements forcés.

Etes-vous inquiet?
Pour le moment, nous attendons. Je note que Jean-François Copé (chef de file des députés UMP) a émis des réticences au sujet de cette mesure et je pense qu’elle ne sera pas retenue. Tout devrait être bouclé d’ici la fin de la semaine.