Sabotages SNCF: le prétendu «bras droit» de Jérôme Coupat donne sa version

ENQUETE Benjamin Rosoux, remis en liberté mais toujours mis en examen, dément faire partie d'une organisation terroriste...

C. F.

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Ne restent en détention que Julien Coupat, 34 ans et sa compagne, Yldune L., 25 ans. Il est poursuivi pour le chef criminel de direction d'une entreprise terroriste et le délit de destructions en réunion à visée terroriste. Yldune a été mise en examen pour ce dernier délit et celui d'association de malfaiteurs.
Ne restent en détention que Julien Coupat, 34 ans et sa compagne, Yldune L., 25 ans. Il est poursuivi pour le chef criminel de direction d'une entreprise terroriste et le délit de destructions en réunion à visée terroriste. Yldune a été mise en examen pour ce dernier délit et celui d'association de malfaiteurs. — Thierry Zoccolan AFP/Archives

Petit à petit, les langues se délient autour de l'affaire «Tarnac» et des sabotages SNCF. Benjamin Rosoux, un des trois suspects remis en liberté le 2 décembre, donne sa version dans «Libération» et sur Europe1 ce mardi.

Toujours mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, le gérant de l'épicerie de Tarnac (Corrèze) âgé de 30 ans nie les faits qui lui sont reprochés. Il a été présenté par l'instruction comme «le bras droit» de Jérôme Coupat, lui-même désigné comme le leader du groupe suspecté d'être à l'origine des sabotages des lignes SNCF début novembre.

«Il y a un seuil franchi à travers cette affaire-là»

S'il confirme des «liens d'amitié» avec Jérôme Coupat, Benjamin Rosoux dément sur Europe1 l'existence d'une quelconque hiérarchie entre eux ou au sein de la communauté vivant à Tarnac. Il rappelle par ailleurs qu'aucune preuve matérielle permettant de l'impliquer lui ou ses «amis» dans l'affaire de la SNCF n'a été trouvée. Quand bien même, il s'inquiète surtout du fait que ces «actes de dégradation» ont été requalifiés en actes «à visée terroriste». «Si beaucoup de gens se sont mobilisés, c'est aussi parce que tout le monde sent bien qu'il y a un seuil franchi à travers cette affaire-là», déclare-t-il dans «Libération».

Benjamin Rosoux, qui raconte longuement son interpellation musclée, sa garde-à-vue éprouvante puis sa détention provisoire dans le quotidien, estime que le mot d'«ultragauche» accolé à cette affaire a été inventé de toutes pièces. «Il n'est pas employé durant la garde à vue. Ce sont les médias qui l'ont repris, explique-t-il dans «Libé».  C'est Alliot-Marie qui l'a lancé, c'était une espèce de truc à rallonge, «groupe d'“ultragauche de la mouvance anarcho-autonome”, ce qui même d'un point de vue de l'histoire des idées n'a aucun sens».