Un internaute condamné à un an de prison ferme pour avoir aidé une adolescente à se suicider

JUSTICE La jeune fille de 16 ans avait été retrouvée morte, après avoir suivi ses conseils...

J.M. avec agence

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La cession moyennant finance pour la seconde fois en trois ans via internet d'un enfant belge à un couple de Néerlandais suscite émoi et interrogation en Belgique où l'on découvre que la loi ne prohibe ni ne punit la vente ou l'achat d'un bébé.
La cession moyennant finance pour la seconde fois en trois ans via internet d'un enfant belge à un couple de Néerlandais suscite émoi et interrogation en Belgique où l'on découvre que la loi ne prohibe ni ne punit la vente ou l'achat d'un bébé. — Nigel Treblin AFP/DDP/Archives

Un internaute accusé d'avoir aidé au suicide une adolescente de 16 ans, rencontrée sur un forum de discussion, a été condamné ce lundi à un an de prison ferme pour «omission de porter secours à une personne en danger».

Le 21 septembre dernier, le substitut du procureur avait requis devant le tribunal correctionnel de Guingamp quatre ans de prison, dont trois ferme, pour «provocation au suicide» et «non assistance à personne en danger». L'avocat du jeune homme avait alors argué du fait qu'«il y a une très grande distance entre la provocation et l'aide» pour plaider la relaxe.

Entre confident et conseiller technique

Les deux jeunes gens avaient lié connaissance fin juillet, sur un forum de discussion. A 23 ans, l'étudiant savoyard sortait d'une grave dépression. L'adolescente voulait se suicider. En août, la jeune fille avait fait part à son nouveau confident de ses intentions et lui avait annoncé qu'elle était prête à passer à l'acte.

L'étudiant s'était alors fait conseiller technique, et avait informé son amie sur les différentes méthodes possibles. Quels médicaments, comment les obtenir, quelles posologies... Le corps de la jeune fille sera retrouvé dans une forêt du Finistère en septembre 2005. Près d'elle, des boîtes de médicaments à base de morphine, obtenus grâce à de fausses ordonnances.

Un an ferme «c'est lourd»

Elle «était au bord de la falaise, on l'a poussée», avait estimé l'avocate de la partie civile. «On se trompe de débat», lui avait répondu le défenseur du prévenu: elle «a délibérément mis fin à ses jours. Mon client lui a donné le mode opératoire, mais elle serait passée à l'acte quand même, ce que personne ne conteste. C'est un leurre de croire qu'on pouvait l'empêcher de le faire.»

Un an de prison ferme «c'est lourd», a réagi Maître Graïc aussitôt le verdict énoncé. Il n'exclut pas que son client puisse faire appel.