Politesse et téléphone, des règles tacites mais connues

SOCIETE Zoom sur les résultats d’une étude publiée mardi par l’institut TNS Sofres et commandée par l'Association française des opérateurs mobiles (Afom)...

Alice Antheaume

— 

Le club de natation des Dauphins du TOEC à Toulouse a eu la surprise de recevoir par erreur une facture de téléphone astronomique de plus de 371 millions d'euros, a-t-on appris lundi auprès de sa trésorière.
Le club de natation des Dauphins du TOEC à Toulouse a eu la surprise de recevoir par erreur une facture de téléphone astronomique de plus de 371 millions d'euros, a-t-on appris lundi auprès de sa trésorière. — Frederic J. Brown AFP/Archives

Quelles règles de politesse pour les utilisateurs de téléphone portable? Aucune charte n’est écrite. Pourtant, les Français de plus en plus nombreux à posséder un portable (79% contre 76% en 2007) ont une conscience assez précise de ce qui est convenable et ce qui ne l’est pas. Comme le montre une étude publiée mardi par l’institut TNS Sofres et commandée par l’Association française des opérateurs mobiles (Afom).

Utiliser la phonétique pour rédiger un SMS, c’est toléré par 62% des personnes interrogées lorsque le message est adressé à un ami. Par 58% quand le message est adressé au conjoint et par 51% pour un SMS destiné à un collègue. Mais pour communiquer avec son patron, c’est très mal vu (89% des sondés jugent cela inconvenable). Idem pour les SMS adressés aux parents (60% des sondés trouvent cela inapproprié). Façon de dire que les Français ont le sens des hiérarchies. Pour les SMS envoyés aux personnes de plus de 60 ans, inutile de même songer à la phonétique, considérée comme «une langue étrangère».
 
«La norme autour du téléphone mobile, c’est l’autre, détaille l’étude. Les usages personnels sont adaptés en fonction de l’interlocuteur, on ne parle pas de la même façon à un ami ou à ses parents.» Pour Brice Teinturier, directeur général adjoint de TNS Sofres, cet «altruisme» est étonnant à un moment où la société française traverse «une phase d’hyper individualisation où la norme, c’est plutôt moi que l’autre». «La guerre des générations n’aura pas lieu car le savoir-vivre téléphonique se construit ensemble», analyse-t-il.
 
Le téléphone dans le couple
 
Côté couple, le téléphone permet parfois le lien amoureux et l’échange de mots doux. Mais dans l’ensemble, il n’est pas le bienvenu pour tout, comme 20minutes.fr le racontait il y a quelques semaines lors d’un article consacré aux couples à l’épreuve des nouvelles technologies.
 
Hors de question de déclarer sa flamme via SMS (56% le désapprouvent), de prendre un appel pendant un repas en tête à tête (76% d’avis négatifs), de lire ou d’écouter les messages de son conjoint sur le téléphone de celui-ci (84% contre) ou de rompre par SMS (88% contre). Les 12-17 ans se montrent plus souples: 52% trouvent convenable de faire une déclaration d’amour par SMS et 23% ne sont pas choqués par une rupture par ce biais.
 
Mais un point ne fait pas débat: prendre un appel pendant un rapport sexuel est totalement réprouvé par 92% des Français… même si 1% le tolère et 5% des hommes de 15-24 ans affirment l’avoir déjà fait. L’étude ne dit pas s’ils se font faits larguer tout de suite après.

Le téléphone ne se mange pas

Les Français interrogés sont 72% à réprouver le fait de lire ses SMS ou ses mails sur son téléphone pendant un repas de famille. Est-ce un élément de la culture française de faire du repas de famille un moment sacré et déconnecté? L’étude ne permet pas de le dire car elle ne compare pas avec les données françaises, recueillies sur un échantillon de 1.200 personnes, avec celles d’autres pays.

Reste que, bien que conscients de l’impolitesse, ils sont 43% à avouer avoir déjà zieuté sur l’écran de leur téléphone pendant un dîner ou un déjeuner, se livrant ainsi à une «petite transgression sans culpabilité», sourit Brice Teinturier.

Et vous, comment utilisez-vous votre portable. Poliment? Ou pas toujours? Racontez-nous dans les commentaires ci-dessous…