Le procès d'une « bêtise d'ados »

Charles Centofanti - ©2008 20 minutes

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L'incendie d'une boîte aux lettres avait tué dix-huit habitants d'une tour, dans la nuit du 3 au 4 septembre 2005, à L'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne). Le feu n'était pas violent, mais il avait engendré des fumées épaisses, provoquant l'asphyxie des victimes qui tentaient de fuir. Quatre jeunes filles au casier vierge, alors âgées de 15 à 18 ans, avaient été mises en examen pour homicide involontaire. Trois comparaissent aujourd'hui et jusqu'au 19 décembre devant la cour d'assises des mineurs de Créteil, pour « destruction volontaire par incendie ayant entraîné la mort ». La 4e, qui n'avait pas 16 ans lors du sinistre, sera jugée ultérieurement devant le tribunal pour enfants.

Les faits ne sont pas contestés. L'enquête révèle que les adolescentes ont agi pour se venger d'une amie qui habitait l'immeuble. « Une bêtise d'ados dans un contexte de "tu m'embêtes, alors je t'embête" », explique Yolaine Bancarel-Lancien, avocate d'une des accusées soupçonnée d'avoir fait le guet. Agée de 20 ans, celle-ci a été incarcérée sept mois avant d'être placée. « Elle est en souffrance et redoute de devoir affronter le regard des victimes. »

Une autre problématique devrait animer les débats : la conformité de l'immeuble. Deux expertises pointent des dysfonctionnements : matériaux inflammables dans le hall, ventilation vétuste, ascenseur resté ouvert... Le bailleur social, 3 F, nie toute responsabilité, évoquant une « bataille d'experts » : « Le permis de construire a été délivré en 1969, or la réglementation a changé en 1971. Il était conforme », assure Jean-Marie André, directeur général de 3 F.