Les pirates du golfe d'Aden repoussés à Toulon

à Toulon, Laurent Berneron - ©2008 20 minutes

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Un corsaire à l'assaut des pirates. Le Premier ministre, François Fillon, et son ministre de la Défense, Hervé Morin, étaient hier à Toulon à bord du Surcouf, l'une des cinq frégates de la marine nationale susceptibles d'être affectées à la protection des navires civils dans le golfe d'Aden. Ils participaient à un exercice grandeur nature. Premier scénario de la simulation, le largage d'un commando de protection pour prévenir un acte de piraterie sur un navire civil. La Carangue, bâtiment habituellement affecté à la dépollution, joue la victime. Deux Panther, hélicoptères qui équipent habituellement les frégates, « aérocordent » trois commandos de marine et leurs équipements à bord de la Carangue. Le navire est sécurisé, François Fillon opine de la tête.

Second scénario, une embarcation semi-rigide de faux pirates se lance à l'assaut du navire. Repéré depuis la frégate, il est pris en chasse par un bateau pneumatique militaire, appuyé dans les airs par un Panther. Le tireur d'élite de l'hélico s'apprête à arrêter le moteur de l'embarcation pirate. Tir effectué. Sur l'eau, les commandos de marine peuvent aborder et neutraliser les pirates. 100 % de réussite sur les deux interventions.

Dans la pratique, les choses sont plus compliquées. « La première difficulté, c'est que le golfe d'Aden fait 1 500 km de long, et que 300 navires de commerce y transitent en permanence », note le commandant Pierre Vandier, pacha du Surcouf. Autant de cibles potentielles sur un territoire qui s'étend de la mer Rouge au nord jusqu'aux côtes somaliennes au sud et représente la superficie cumulée de la France, de l'Espagne et de l'Allemagne. Y intercepter un acte de piraterie avant qu'il se produise relève de la mission impossible. « Nous n'avons pas la prétention de pouvoir tout régler dans un espace aussi considérable, mais nous avons celle de dissuader les pirates de s'en prendre aux navires européens », a indiqué François Fillon.