Interpellation de Filippis: les policiers disent avoir été «courtois»

Avec agence

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Lors du conseil d'administration prévu jeudi, le journaliste Vittorio de Filippis, actuel gérant de la SCPL, doit devenir PDG à titre transitoire.
Lors du conseil d'administration prévu jeudi, le journaliste Vittorio de Filippis, actuel gérant de la SCPL, doit devenir PDG à titre transitoire. — Bertrand Guay AFP

L'arrestation de Vittorio de Filippis, première étape d'une matinée houleuse et humiliante, fait débat. Les policiers l'ayant interpellé à son domicile, vendredi matin à 6 heures, affirment dans leurs rapports être restés «courtois» alors que l'ex-directeur de la publication de Libération dit avoir été insulté.

«On ne peut pas parler de ‘‘violences’’ mais d’atteintes à la dignité humaine, a confié Vittorio de Filippis à 20minutes.fr. Mon garçon de 14 ans était dans l’entrée et a assisté à la scène. Au moment de quitter la maison, emmené par la police, je lui ai dit que je n’étais pas un malfrat ni une ‘‘racaille’’, comme l’avaient dit les policiers.»

Selon les rapports d'une femme lieutenant de police et de deux gardiens de la paix qui sont intervenus au domicile de Vittorio de Filippis au Raincy (Seine-Saint-Denis), celui-ci a tenu à leur égard des «propos méprisants». «Nous sommes restés courtois et patients», expliquent-ils à leur hiérarchie, démentant avoir injurié l'ex-directeur. Selon les policiers, celui-ci s'est montré «nerveux et agité» durant l'interpellation.

Nuance sémantique sur le terme «racaille»

Un gardien de la paix dit lui avoir expliqué «qu'il avait un comportement», «pire que celui de certaines racailles». Ce à quoi, toujours selon cet agent, l'ex-directeur a alors répondu qu'il s'agissait de «diffamation». Ce policier affirme avoir été quelque peu «provoqué physiquement» par de Filippis qui «venait à mon contact».

Selon ces trois fonctionnaires, le journaliste n'a pas été menotté entre son domicile et le commissariat de police du Raincy, où il a été conduit dans un premier temps. Ce n'est qu'après qu'il l'a été, durant son transfert au palais de justice de Paris, et ce «pour des raisons de sécurité», écrivent-ils.