Clearstream: Villepin accuse Sarkozy «d'être aveuglé par la passion»

DENONCIATION L'ex-Premier ministre a également expliqué que le «nom de Nicolas Sarkozy n'est à aucun moment cité dans les listings» de Clearstream, mais que c'est celui de son père qui y figure...

20minutes.fr

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Dominique de Villepin préside jeudi matin le 4ème Comité interministériel de contrôle de l'immigration (Cici) à Matignon, où le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy présentera son avant-projet de loi visant à privilégier une immigration "choisie".
Dominique de Villepin préside jeudi matin le 4ème Comité interministériel de contrôle de l'immigration (Cici) à Matignon, où le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy présentera son avant-projet de loi visant à privilégier une immigration "choisie". — François Guillot AFP/Archives

A toi, à moi... Après son renvoi en correctionnelle dans le dossier Clearstream le 19 novembre, derrière lequel il entrevoit la patte de Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin réplique ce lundi.

Dans le «Parisien», l’ancien Premier ministre estime être le «bouc émissaire» de l'affaire et accuse Nicolas Sarkozy d'être «aveuglé par la passion» dans ce dossier, «cédant même parfois à une tentation de victimisation».

Soupçonné d'avoir participé à une machination visant à déstabiliser le chef de l’Et at et accusé de «complicité de dénonciation calomnieuse», complicité d’usage de faux, recel de vol et recel d’abus de confiance, Villepin se défend: «Mon innocence dans cette affaire est totale. Je considère que l'instruction a été partielle et partiale. Elle s'est focalisée sur une rivalité politique entre Nicolas Sarkozy et moi-même, rivalité politique qui aurait tourné au règlement de comptes.»

Sarkozy, juge et partie?

Villepin reproche à Sarkozy d’être juge et partie: «Il n'est pas acceptable qu'il puisse y avoir dans notre pays une telle confusion entre les intérêts privés d'une partie civile et la responsabilité publique du président de la République.» Déjà, le 24 novembre dernier, il avait estimé, via ses avocats, que Nicolas Sarkozy avait «violé le droit au procès équitable» et le «principe de l'égalité des armes» en maintenant le juge Henri Pons, chargé de l'instruction, dans ses fonctions. Il martèle ces accusations d’«instrumentalisation».

La contre-offensive s’est poursuivie ce lundi sur Europe 1, où l’ex-Premier ministre a expliqué que le «nom de Nicolas Sarkozy n'est à aucun moment cité dans les listings» de Clearstream, mais que c'est celui de son père qui y figure.

«Croc de boucher»

«Cela fait partie des mystères de ce dossier», ajoute Villepin. Il assure s'être «toujours interrogé sur les dommages» qu'avait «pu subir» Nicolas Sarkozy dans cette affaire. «C'est lui qui, à un moment donné, voyant des noms patronymiques qui sont ceux de son père a dit ‘‘c'est moi qui suis visé’’ après avoir dit ‘‘c'est mon père qui est visé’’.»

La conclusion de cette riposte est joliment tournée et pleine d’ironie à peine dissimulée. «Je n’ai de haine envers personne et je ne veux pendre personne à un croc de boucher», termine Villepin, reprenant ainsi le mot prêté à Nicolas Sarkozy à son égard.