Les urgentistes entament une grève illimitée… mais sans danger

HOPITAL Les urgentistes protestent contre une réorganisation de l'hôpital...

MD avec agence

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L'Amuf (urgentistes) a maintenu mercredi son appel à une grève des soins non urgents jeudi, au contraire des anesthésistes-réanimateurs qui ont décidé de lever leur préavis, après la signature d'un accord sur le rachat des RTT à l'hôpital.
L'Amuf (urgentistes) a maintenu mercredi son appel à une grève des soins non urgents jeudi, au contraire des anesthésistes-réanimateurs qui ont décidé de lever leur préavis, après la signature d'un accord sur le rachat des RTT à l'hôpital. — Jean-Philippe Ksiazek AFP/Archives

L'hôpital au bord de l'asphyxie. L'Association des médecins urgentistes, conduites par Patrick Pelloux, dénonce «l'étranglement financier» de l'hôpital, qui pourrait mettre en danger «la sécurité des patients». Les médecins urgentistes ont donc entamé, ce lundi, une grève illimitée pour protester mais sans danger pour les patients.

Dans un premier temps, l'Amuf avait évoqué un mouvement plus dur, avec une grève des soins urgents. Un responsable du syndicat avait même déclaré le 19 novembre que cela pourrait entraîner des «morts», avant que son organisation ne fasse aussitôt machine arrière.

La «destruction» de l'hôpital

Finalement, la grève ne devrait pas avoir de conséquences sur les urgences. Elle pourrait en avoir pour certaines interventions programmées à l'avance, le directeur d'hôpital pouvant remplacer les urgentistes en grève par d'autres spécialistes, qui seraient alors moins disponibles pour leur travail habituel.

Pour l'Amuf, «l'étranglement» de l'hôpital public va déboucher sur la suppression de «20.000 emplois cette année», alors que des urgentistes sont invités à augmenter leur temps de travail de «48 à 60 heures par semaine». Dans ce contexte, souligne-t-elle, le projet de loi «Hôpital, patients, santé, territoires» que doit examiner le Parlement en 2009, risque de parachever cette «destruction».

Un projet avant tout financier

Ce projet, rendu public le 22 octobre, favorise les «regroupements» d'hôpitaux autour d'un établissement principal et la «coopération» du public avec les cliniques privées afin, selon la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, de «garantir pour l'avenir l'accès à des soins de qualité sur tout le territoire».

Il réorganise aussi les hôpitaux en accroissant sensiblement les pouvoirs du directeur, qui pourra désormais être issu du secteur privé et embaucher des médecins avec des contrats plus «souples» prévoyant notamment une rémunération à «l'activité». Estimant que le projet subordonne la santé au «financier», l'Amuf voudrait «élargir» son mouvement, d'autres syndicats hospitaliers se disant prêts à se mobiliser sous différentes formes contre la politique du gouvernement.