Sa fille a avoué avoir menti, Antonio Madeira demande la révision de sa condamnation pour viol

JUSTICE Elle a publié un livre intitulé «J'ai menti» et aurait été déclaré vierge par des médecins, selon les avocats de la défense...

Avec agence

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Un père condamné pour le viol de sa fille a demandé lundi à la commission de révision des condamnations pénales, lors d'une audience à huis clos, de réexaminer son cas compte-tenu des rétractations de sa fille, qui a avoué dans un livre avoir menti.
Un père condamné pour le viol de sa fille a demandé lundi à la commission de révision des condamnations pénales, lors d'une audience à huis clos, de réexaminer son cas compte-tenu des rétractations de sa fille, qui a avoué dans un livre avoir menti. — Jean-Christophe Verhaegen AFP/Archives

Condamné en 2001 pour le viol de sa fille, Antonio Madeira a demandé ce lundi que son cas soit réexaminé. Virginie s'est en effet rétracté dans un livre publié en septembre 2006. A la lumière de ces révélations, la commission de révision des condamnations pénales avait, en mars 2007, ordonné un supplément d'information. Mais lors de l'audience à huis clos de ce lundi l'avocat général s'est opposé à cette requête.

Pourtant, d'après les avocats de la défense, Jean-Marc Florand et Michaël Doulikian, des examens gynécologiques ont démontré que Virginie était vierge. Et dans son ouvrage au titre explicite de «J'ai menti», elle affirme avoir voulu se rendre intéressante alors qu'elle n'était âgée que de 14 ans. «Si les mots ont un sens, l'avis rendu par la commission devrait être favorable à la révision», a estimé Jean-Marc Florand à sa sortie de l'audience.

Des rétractations «pas forcément crédibles»

Fataliste, il regrette cependant qu'en France, «l'autorité de la chose jugée l'emporte souvent sur la possibilité d'une erreur judiciaire». L'avocat général a en effet jugé que les rétractations de la jeune fille n'étaient «pas forcément crédibles», notant au passage que le condamné avait lui-même un temps reconnu les faits.

Antonio a déjà purgé six de ses douze années de réclusion, avant d'être mis en liberté conditionnelle. La commission peut maintenant choisir de saisir la Cour de révision ou de rejeter sa requête. Elle rendra sa décision le 12 janvier. Si Antonio était finalement acquitté, il serait le septième depuis le début du 20e siècle à connaître ce dénouement au terme d'une procédure de révision.