Coronavirus en Bretagne : Les non-résidents ne peuvent plus accéder aux îles après l’afflux de Parisiens

EPIDEMIE Les rotations maritimes ont été réduites et les préfectures ont pris des arrêtés interdisant la location saisonnière

Camille Allain

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Illustration d'un bateau de pêche arrivant au port de l'île de Groix.
Illustration d'un bateau de pêche arrivant au port de l'île de Groix. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Un arrêté préfectoral interdit l'accès aux îles du Morbihan pour les non-résidents.
  • La mesure vise à limiter la propagation du coronavirus après l'afflux de personnes possédant des résidences secondaires sur Groix ou Belle-Ile.
  • Les rotations maritimes sont désormais moins nombreuses. 

« Le débarquement ». A en croire certains témoignages publiés sur les réseaux sociaux, les îles du Morbihan ont connu un véritable afflux de nouveaux habitants ces derniers jours. De nombreux Parisiens possédant des résidences secondaires ont en effet tenté de rallier leur maison de vacances à Belle-Ile ou à Groix. Suffisant pour faire peur aux îliens du Morbihan, jusqu’ici préservés de l’épidémie de Covid-19. Dominique Yvon, maire de Groix, s’est même fendu d’une vidéo devenue virale où il évoque « un véritable 15 août ». En pétard, l’élu a pris dès lundi un arrêté municipal interdisant l’accès « à toute personne non titulaire d’une carte de résident permanent ».

La préfecture du Morbihan lui a emboîté le pas ce mercredi en publiant un arrêté. « Les locations saisonnières de logements et hébergements de tous types et les mises à disposition gracieuses de logements et hébergements sont interdites ». Valable pour quatre îles (Groix, Belle-Ile, Houat et Hoëdic), la mesure vise à « lutter contre la propagation du coronavirus », précise la préfecture, qui précise que « l’occupation des logements meublés non affectés à l’habitation principale est exclusivement réservée aux propriétaires et, en leur présence, le cas échéant à leurs enfants et à leurs parents ». Le préfet des Côtes d'Armor a fait de même pour l'île de Bréhat. 

Sur les réseaux sociaux, de nombreux îliens ont fait part de leur agacement, allant même jusqu’à menacer de bloquer l’arrivée des bateaux. Les compagnies maritimes ont d’ailleurs réduit la fréquence des traversées pour limiter la transmission. Dans un reportage réalisé à Belle-Ile, Le Télégramme confirme l’accueil « glacial » réservé aux nouveaux arrivants.

« Ce n’est pas la folie »

Contacté par 20 Minutes, Max, qui réside à Groix, tempère. « Oui il y a plus de monde que d’habitude mais on est loin d’un 15 août », témoigne le jeune homme. Dimanche, sur le bateau, il a vu « plus de passagers » mais sans paniquer. Ce matin, le Groisillon est sorti de chez lui pour aller faire quelques courses. « Ce n’est pas la folie. Les magasins ne sont pas vides et je trouve que tout le monde se comporte bien ». Il s’interroge d’ailleurs sur les réactions de certains habitants. « Oui, il faut des mesures pour limiter l’afflux. Mais est-ce qu’on n’aurait pas fait la même chose à leur place ? ».

L’inquiétude du maire de Groix portait surtout sur la propagation du virus sur son île, dont les moyens médicaux restent limités. D’après l’arrêté préfectoral, « le nombre de patients potentiellement contaminés présents sur les quatre îles est susceptible de croître très rapidement et très fortement si la population présente augmente et si des brassages de population se produisent ». Un peu plus de 200 cas de coronavirus ont été enregistrés en Bretagne, dont plus de la moitié dans le Morbihan.