Oui, le taser peut tuer... un peu

POLICE Des documents de la police reconnaissent la «létalité réduite» de cette arme...

C. F.

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Les policiers municipaux, qui sont désormais autorisés à s'équiper du pistolet à impulsions électriques (PIE) Taser, devront tirer chaque année "au moins" quatre cartouches lors de leur entraînement, selon un arrêté du ministère de l'Intérieur paru mardi au Journal officiel.
Les policiers municipaux, qui sont désormais autorisés à s'équiper du pistolet à impulsions électriques (PIE) Taser, devront tirer chaque année "au moins" quatre cartouches lors de leur entraînement, selon un arrêté du ministère de l'Intérieur paru mardi au Journal officiel. — Fred Dufour AFP/Archives

D'arme «non létale» en 2004, le taser devient une arme à «létalité réduite» en 2008. Ce sont des documents officiels de la Police urbaine de proximité, dévoilés par «Backchich» ce jeudi, qui le reconnaissent.

Selon le site Internet, une note interne du ministère de l'Intérieur indiquait le 26 janvier 2004 que le caractère non-létal de cette arme était avéré. Quatre ans plus tard, le 17 mars 2008, une autre note du directeur de la police urbaine de proximité soulignait que ce pistolet à impulsions électriques faisait partie des armes intermédiaires à létalité réduite.

Olivier Besancenot jugé le 24 novembre

Six mois plus tard, un décret du ministère de l'Intérieur autorisant l'utilisation du Taser par les tous policiers municipaux était publié au Journal officiel.

L'existence de ces documents pèsera-t-elle dans le jugement d'Olivier Besancenot? Le leader de la LCR avait été attaqué par SMP Technologies, la société qui distribue en France le Taser, pour avoir déclaré en juin 2007 que le pistolet électrique aurait «probablement fait taire plus de 150 personnes aux USA». Il connaîtra son sort le 24 novembre.

L'Unsa police défend l'usage de cette arme

Contactée par 20minutes.fr, la police nationale n'avait pas encore réagi.

Henri Martini, secrétaire général de l'Unsa police, majoritaire, estime tout de même que le taser permet «moins de violences et de contacts physiques pour les policiers, même si une formation et un cadre juridique bien précis sont nécessaires». Et d'ajouter: «S'il est avéré que le taser peut provoquer la mort, il faudra qu'une étude soit menée».

Un mort au Canada

Amnesty international France, opposée à cette arme, souhaite justement «un moratoire» sur les utilisations du Taser tant qu'une «enquête approfondie et impartiale n'aura pas été menée» sur les dangers éventuels de cette arme.

Au Canada, la police des polices a préconisé purement et simplement l'interdiction de ce pistolet électrique, après la mort d'un immigrant polonais neutralisé avec cette arme à l'aéroport de Vancouver.