Etudiant poignardé à Grenoble: le suspect «soulagé» d'avoir enfin tué

JUSTICE Mis en examen, il a été «reconduit à l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève»...

Avec agence

— 

Une expertise rendue mardi a jugé que l'état mental de Jean-Pierre Guillaud, l'homme qui a mortellement poignardé un étudiant le 12 novembre à Grenoble, était "compatible" avec son audition par un magistrat instructeur et avec son "éventuelle mise en examen".
Une expertise rendue mardi a jugé que l'état mental de Jean-Pierre Guillaud, l'homme qui a mortellement poignardé un étudiant le 12 novembre à Grenoble, était "compatible" avec son audition par un magistrat instructeur et avec son "éventuelle mise en examen". — Philippe Merle AFP/Archives

L'homme qui a reconnu avoir mortellement poignardé un étudiant, Luc Meunier, le 12 novembre à Grenoble, s'est déclaré «soulagé» d'avoir commis un meurtre après quatre tentatives infructueuses, devant les juges qui l'ont mis en examen, a annoncé jeudi son avocate, Danièle Toubiana.

Au cours de son audition devant deux juges d'instruction, Jean-Pierre Guillaud, un schizophrène de 56 ans, s'est déclaré «satisfait d'avoir répondu à la voix qu'il aime» et qu'il «appelle Satan», a-t-elle ajouté.

«Il aurait fallu lui faire connaître la prison»


«C'est la cinquième fois qu'il essaie de tuer quelqu'un», a expliqué l'avocate, ajoutant qu'«on l'a un peu trop mis en psychiatrie». Elles estime en effet qu'«il aurait fallu peut-être le juger, le déclarer responsable, lui faire connaître la prison pour qu'il ait peur de recommencer».

De son côté, le procureur de la République de Grenoble, Jean Philippe, a déclaré que Jean-Pierre Guillaud avait «reconnu» le meurtre et n'avait «pas exprimé clairement de regrets» lors de son audition devant deux juges d'instruction co-saisis dans le cadre d'une information judiciaire.

«Reconduit à l'hôpital» pour l'instant

L'homme a été «mis en examen pour homicide volontaire», «placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention» et «reconduit à l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève» (Isère), où il reste interné sous le régime de l'hospitalisation d'office, a-t-elle ajouté. «La loi prévoit en effet un régime spécial pour les détenus atteints de troubles mentaux qui ne peuvent pas être accueillis en maison d'arrêt, même dans le service hospitalier de la prison», explique à 20minutes.fr l'avocat Gilles Devers.

Mardi, une expertise avait conclu que «l'état mental» de l'individu, était «compatible avec son audition et avec son éventuelle mise en examen».

Deuxième expertise pour déterminer sa responsabilité pénale

Une deuxième expertise, ordonnée dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le parquet, doit encore se prononcer sur sa responsabilité pénale. Il faudra attendre «plusieurs semaines» pour en connaître les conclusions. Objectif: établir «si son discernement a été altéré ou aboli» au moment du meurtre.

Même s'il est reconnu pénalement irresponsable à l'issue de ses expertises, ce patient qui s'était enfui de son hôpital psychiatrique n'échapperait pas pour autant à un procès. En effet, la loi Dati du 25 février 2008 oblige les magistrats à se prononcer sur la culpabilité des criminels malades mentaux, et ce même s'ils rendent un non-lieu.

>> Pour faire le point sur la loi Dati, cliquez ici