Grève des enseignants: une forte mobilisation, des manifestations et du cafouillage dans le service minimum

EDUCATION Tout au long de la journée, 20minutes.fr a fait le point sur la mobilisation et le service minimum d'accueil dans les grandes villes.

La rédaction de «20 Minutes» (avec agence)
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Manifestation des enseignants dans les rues de Nice contre les mesures envisagees par le ministre Xavier Darcos, le 20 novembre 2008
Manifestation des enseignants dans les rues de Nice contre les mesures envisagees par le ministre Xavier Darcos, le 20 novembre 2008 — SIPA
L'appel à la grève dans l'éducation nationale a été bien suivi ce jeudi. «Plus d'un enseignant sur deux» était en grève dans les collèges et lycées, a annoncé le Snes-FSU (majoritaire) dans un communiqué et 69% des professeurs des écoles étaient en grève en primaire, selon le SNUipp-FSU (premier syndicat). Le ministère, lui, estime que plus de deux tiers d'enseignants étaient en grève, dont 48,62% en primaire et 21,26% dans le secondaire.

Droit dans ses bottes, le ministre de l'Education nationale s'en est pris aux syndicats ce jeudi matin, les accusant de faire de la «résistance au changement». «J'ai envie de dire à ceux qui font la grève qu'il faut qu'ils fassent attention parce que le monde, la France avancent plus vite que les cortèges», a prévenu Xavier Darcos, estimant que le recours répété aux grèves est «démodé».

Les enseignants entendaient dénoncer «la dégradation des conditions de travail», les milliers de suppressions de postes au budget 2009, et pour certains, la réforme du lycée. Ils revendiquent aussi le maintien des Rased (les Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté), 3.000 postes de ces maîtres spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire étant supprimés au budget 2009.

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Selon les chiffres de la police, 163.000 enseignants, étudiants et lycéens ont manifesté en France. A 17h, les organisateurs parlaient de 220.000 personnes.

A Paris (PS), entre 9.000, selon la police, et 40.000 personnes, selon la FSU, ont défilé dans l'après-midi. La banderole de tête de la manifestation, partant de Luxembourg en direction du boulevard Raspail, affichait un long message: «Ecoles, collèges, lycées et lycées professionnels contre les suppressions massives de postes, pour l'abandon des réformes de régression pour les jeunes et les personnels. Pour l'avenir du service public d'éducation avec des personnels respectés dans leurs droits et leurs métiers». Derrière figuraient les principaux leaders syndicaux de l'éducation, Gérard Aschieri (FSU), Patrick Gonthier (Unsa), Bernard Kuntz (Snalc-CSEN), Thierry Cadart (Sgen-CFDT), Jean Fabbri (Snesup-FSU), ainsi que Jean-Baptiste Prévost pour les étudiants de l'Unef, Lucie Bousser pour les lycéens de l'UNL et un responsable des lycéens de la Fidl.

A Marseille (UMP), la marie a communiqué un chiffre éloquent: «385 enfants ont été accueillis dans des centres aérés, sur les 71.663 élèves inscrits à l'école maternelle et primaire à Marseille.» D'autres enfants ont sûrement pu être accueillis dans les 236 écoles ouvertes ou partiellement ouvertes de la ville, mais la municipalité n'a pas fourni le chiffre.

Entre 5.000, selon la police, et 11.000 personnes, selon les syndicats, ont manifesté dans le centre derrière des banderolles proclamant «Priorité à l'éducation», «Halte au saccage de l'Education», «Fillon, un peu d'éducation, rends nous les ronds» ou «Pas touche à la maternelle».

Toujours dans les Bouches-du-Rhône, le tribunal administratif de Marseille a rejeté le référé du préfet contre la commune de Port-Saint-Louis-du-Rhône qui refuse d'appliquer le service minimum d'accueil (SMA). Le maire communiste Jean-Marc Charrier avait fait voter fin septembre une motion dans laquelle la commune, seule des Bouches-du-Rhône à avoir été assignée devant le tribunal administratif, affirmait son refus d'appliquer le SMA.

A Toulouse (PS), la mairie n'avait pas mis en place le service d'accueil minimum. Une mère d'élève a ainsi amené sa fille à l'adjointe en charge de l'Education, Gisèle Verniol. «Je vous la confie, gardez-là», a-t-elle ironisé. Selon notre journaliste sur place, l'adjointe est parvenue à expliquer la situation à cette femme, qui s'en est allée sans trop maugréer. Du côté des manifestants, entre 5.000 et 10.000 personnes, suivant les évaluations de la police et des organisateurs, ont battu le pavé. Selon les syndicats, 80% des enseignants étaient en grève dans le premier degré et 57% dans le second degré. Selon l'inspection académique, ils étaient 59,26% dans le premier degré et 29,17% dans les collèges.

A Lyon (PS)
Dans le rhône, on comptait 62.7% de grévistes dans les écoles maternelles et primaires, beaucoup moins dans les collèges et lycées (28.4% et18.4% respectivement). Le tribunal administratif saisi en référé par le préfet du Rhône a annulé les décisions prises par sept maires du département de ne pas appliquer le service minimum d'accueil dans leurs écoles touchées par un taux de grévistes d’au moins 25%. A Rillieux, Villeurbanne, Vénissieux, Vaulx-en-Velin, Décines, Saint-Priest et Givors, les écoliers ne seront pas accueillis ce jeudi, mais devront l’être lors des prochains mouvements. Sous peine pour les municipalités récalcitrantes de se voir infliger une amende de 10.000 euros par jour de service minimum non-assuré.

Egalement poursuivis par l’Etat, les maires de Lyon et Chassieu, en revanche, ont été dispensés par la justice d’appliquer la loi, ces derniers étant «dans l’incapacité matérielle» d’organiser le SMA. La ville de Lyon, qui lors de la précédente grève du 23 octobre, avait appliqué la loi dans deux écoles touchées par la grève aurait dû, pour pouvoir accueillir les enfants ce jeudi en toute sécurité, trouver plus de 750 vacataires pour remplacer les enseignants absents.

Ce jeudi, 108 des 198 écoles lyonnaises devaient être impactées par le mouvement social, et une quarantaine d’établissements devaient rester fermés. Dans le département, où 20 communes ont décidé de ne pas appliqué la loi, 680 écoles sur 916 devaient être touchées par la grève.

Environ 6.000 personnes, selon la police, 10.000 selon les syndicats, ont défilé dans les rue du centre-ville.

A Strabourg (PS), une manifestation a rassemblé environ 3.000 personnes, selon notre journaliste sur place. Parents d'élèves, lycéens, syndicats ont défilé ensemble. Parmi les slogans, la suppression des Rased figurait en bonne place. «On dénonce un stress terrible pour l'avenir», a témoigné un directeur d'école élémentaire, membre du syndicat Unsa. Les enseignants dénoncent également le manque de concertation et d'écoute de la part de leur ministre Xavier Darcos. Côté grévistes, on comptait à la mi-journée dans l’académie de Strasbourg 41,38% d’enseignants ayant cessé le travail dans le premier degré, selon les chiffres communiqués par le rectorat. Au collège, le taux de grévistes atteignait 19,38%.

A Nantes (PS), la manifestation qui se déroulait ce jeudi matin a rassemblé environ 10.000 personnes.

A Bordeaux (UMP), entre 5 000, selon la police, et 8 à 10 000 personnes, selon les syndicats, se sont réunies pour protester. Un chiffre élevé pour la ville, selon la rédaction locale de «20 Minutes».