«La question n'est pas de savoir s'il y aura un attentat mais plutôt quand et comment il aura lieu»

ARCHIVE 20 MINUTES Stéphane Berthomet, ancien capitaine de police chargé de lutte anti-terroriste, revient sur le risque terroriste à Paris...

Recueilli par Maud Descamps

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Deux ans après les attentats islamistes du 11 mars et la défaite électorale de la droite, le Parti Populaire (PP) et une partie des médias espagnols continuent comme au premier jour à semer le doute sur leurs auteurs et à évoquer une implication de l'ETA.
Deux ans après les attentats islamistes du 11 mars et la défaite électorale de la droite, le Parti Populaire (PP) et une partie des médias espagnols continuent comme au premier jour à semer le doute sur leurs auteurs et à évoquer une implication de l'ETA. — Johannes Simon AFP/Archives

Cinq pains d'explosif ont été désamorcés ce mardi matin dans le magasin Printemps-Haussmann à Paris (IXe arrondissement), et revendiqué par un mystérieux Front révolutionnaire afghan.

Le 18 novembre dernier, 20minutes.fr, basé à cinquantes mètres des lieux évacués ce mardi, avait interviewé Stéphane Berthomet, ancien capitaine de police chargé de lutte anti-terroriste, sur le risque d'attentat à Paris après des menaces émises par les talibans. Forcément instructif.

Faut-il prendre ces nouvelles menaces au sérieux?

Depuis plusieurs années, nous savons que la menace est réelle en France. Nous savons que l'Europe fait partie des cibles prioritaires et nous l'avons constaté avec les attaques de Madrid et Londres. De plus, des tentatives d'attentat ont déjà été déjouées en France ainsi que des réseaux démantelés. Il faut savoir que la lutte anti-terroriste ne se résume pas à l'arrestation d'un homme avec une bombe à la main, mais se concentre plutôt sur le démantèlement de réseaux. Ils peuvent être de natures différentes comme des réseaux de faux documents, ou de financement ou d'armes. Ces infractions appelées «infraction connexes» permettent d'empêcher bien en amont des attaques terroristes. La question n'est pas de savoir s'il y aura un attentat mais quand et comment il aura lieu.

Pourquoi Paris n'a pas encore fait l'objet d'attentat alors que d'autres capitales européennes en ont été victimes?

Il y a un facteur «chance» très important, car il n'y a pas de profondes différences dans la lutte anti-terroriste entre les différents pays européens et il existe une véritable collaboration au plan international. On tend d'ailleurs vers une harmonisation de cette lutte. Ce qu'il faut souligner, tout de même, c'est que la France a une culture particulière par rapport au terrorisme suite aux attentats de 1995 à Paris (attentats du RER B). Donc, plus tôt que ses voisins européens, la France a pris conscience du risque terroriste. Cela a permis de mobiliser très tôt les politiques mais aussi le législateur sur cette question et mettre en place une organisation adaptée.

La France est-elle prête en cas d'attaque?

Aujourd'hui, les services de renseignements ont été réorganisés. Le rapprochement entre la gendarmerie et la police qui va être mis en place va permettre d'améliorer encore plus le réseau de renseignements et de mutualiser les informations qui circulent. C'est primordial dans cette lutte. La capacité de recouper les différents éléments pour pouvoir appréhender les attentats permet de gagner en efficacité. Ensuite, pour ce qui est de la réalité d'une attaque, l'essentiel est de savoir qu'un attentat ne marque pas la fin. Après un attentat, il ne faut pas se laisser abattre mais au contraire continuer la bataille. Pour l'équilibre d'un pays, il est de toute façon nécessaire de ne pas céder à la peur. On sait qu'il y a une sorte de fatalité mais on sait également, au moment où un attentat se produit, que tout a été fait pour l'empêcher.















Stéphane Berthomet, ancien capitaine de police chargé de lutte anti-terroriste. Pour lire son blog sur 20minutes.fr, cliquez ici