Une victime de l'homme qui a poignardé un étudiant à Grenoble témoigne

FAITS DIVERS «Moi je m'en suis sorti, je suis un miraculé.» Daniel Duvert a été agressé par le même homme il y a treize ans, raconte-t-il au «Dauphiné...

Avec agence

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La mort d'un étudiant, poignardé par un homme échappé d'un hôpital psychiatrique à Grenoble et déjà auteur de trois agressions du même type, suscitait jeudi des interrogations sur les conditions de sortie des malades mentaux, au point que l'Elysée convoque une réunion.
La mort d'un étudiant, poignardé par un homme échappé d'un hôpital psychiatrique à Grenoble et déjà auteur de trois agressions du même type, suscitait jeudi des interrogations sur les conditions de sortie des malades mentaux, au point que l'Elysée convoque une réunion. — Philippe Merle AFP

«Moi je m'en suis sorti, je suis un miraculé.» Daniel Duvert, un retraité résidant aux Abrets, en Isère, raconte comment, il  y a treize ans, le malade mental qui a tué un étudiant dans le centre de Grenoble mercredi, l'avait poignardée à «quelques dizaines de mètres» de l'endroit du crime, dans un entretien au «Dauphiné libéré» publié samedi.

«Il m'a planté»

Le 10 mai 1995, «je me rendais à une réunion importante. J'étais un passant comme un autre. Un homme est arrivé en face de moi et m'a planté. Il devait avoir son couteau sous son imperméable, je ne l'ai pas vu. Je n'ai donc rien fait pour l'empêcher de m'atteindre. Ensuite, j'ai eu beaucoup de chance», raconte Daniel Duvert, qui a été grièvement blessé. L'agression s'était produite à «quelques dizaines de mètres» de l'endroit où l'étudiant, Luc Meunier, 26 ans, a été poignardé mercredi, dans une rue commerçante de Grenoble.

Autres similitudes troublantes: le déséquilibré Jean-Pierre Guillaud, 56 ans, avait également fugué du CHU de Grenoble où il était interné et avait acheté son couteau dans la même quincaillerie où il s'est procuré mercredi le couteau fatal à l'étudiant, assure le quotidien.

Instable depuis les années 1970

Daniel Duvert, qui a dû prendre des calmants après avoir appris le meurtre de l'étudiant, avait à l'époque porté plainte contre le CHU qui a été condamné, après que son agresseur, un schizophrène, a été reconnu pénalement irresponsable.

Selon le journal, Jean-Pierre Guillaud, considéré comme «instable» depuis les années 1970, a fait un premier séjour en hôpital psychiatrique en 1980, avant que sa schizophrénie ne soit diagnostiquée trois ans plus tard. Selon le parquet de Grenoble, Jean-Pierre Guillaud avait également commis une deuxième agression similaire à l'arme blanche, en 2006 à Miribel-les-Echelles (Isère).

Le parquet a ordonné deux expertises dans le cadre d'une information judiciaire pour meurtre, l'une concernant l'opportunité d'entendre et mettre en examen le tueur présumé, l'autre destinée à déterminer la responsabilité pénale de Jean-Pierre Guillaud, actuellement en chambre d'isolement à l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève (Isère), d'où il a fugué mercredi.