Surveillance informatique des enseignants, Jack Lang parle de «flicage»

POLEMIQUE Xavier Darcos avait annoncé mercredi une surveillance des mouvements d'opinion sur l'Internet...

MD avec agence
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Jack Lang a pris vendredi la défense de Georges Frêche, en livrant sa version de l'incident qui avait opposé le président socialiste de la région Languedoc Roussillon à des représentants des harkis le 11 février.
Jack Lang a pris vendredi la défense de Georges Frêche, en livrant sa version de l'incident qui avait opposé le président socialiste de la région Languedoc Roussillon à des représentants des harkis le 11 février. — Fred Dufour AFP/Archives

«Ce retour à la censure est scandaleux!», Jack Lang ne cache pas sa colère, face au projet de repérage des mouvements d'opinion parmi les enseignants, notamment sur l'Internet, lancé par Xavier Darcos. L'ancien ministre de l'Education a dénoncé vendredi un projet de «flicage» des professeurs après le lancement de deux appels d'offre par les ministères de l'Education et de l'Enseignement supérieur, pour repérer les discussions entre enseignants sur les forums.

«J'apprends avec stupéfaction que le ministre Darcos a décidé d'organiser un système de flicage des professeurs avec le concours de sociétés privées, a déclaré Jack Lang dans un communiqué. C'est une atteinte à la liberté et à la dignité des serviteurs de l'école de la République», a-t-il ajouté.

220.000 euros pour mener une «veiller» en ligne

«J'espère que le ministre de l'Education va renoncer», à cette mesure, a aussi déclaré le député du Pas-de-Calais sur i-Télé. Ces appels d'offres avaient déjà suscité mercredi les critiques de deux syndicats enseignants, le Sgen-CFDT et le SE-Unsa.

Xavier Darcos et Valérie Pécresse ont chacun lancé, au bulletin officiel des marchés publics du 4 novembre, un appel d'offre, respectivement d'un montant de 100.000 et 120.000 euros dont l'objet est «la veille de l'opinion dans les domaines de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche». La veille devra porter sur l'Internet ainsi que sur la presse écrite, les dépêches d'agence de presse, les baromètres études et sondages, est-il précisé.

Selon le cahier des clauses particulières, il s'agit notamment d'«anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise», d'«alerter et préconiser en conséquence» ou encore de «repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte et analyser leur potentiel d'influence». Censure ou volonté d'améliorer le dialogue?