L'auteur présumé de l'attentat de la rue Copernic interpellé au Canada

JUSTICE Cet attentat avait fait quatre morts près de la synagogue de la rue Copernic à Paris en 1980...

Avec agence

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L'enquête sur l'attentat qui avait fait quatre morts il y a 27 ans près de la synagogue de la rue Copernic à Paris a récemment été relancée par la délivrance d'une commission rogatoire internationale, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.
L'enquête sur l'attentat qui avait fait quatre morts il y a 27 ans près de la synagogue de la rue Copernic à Paris a récemment été relancée par la délivrance d'une commission rogatoire internationale, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. — AFP/Archives

L'auteur présumé de l'attentat qui avait fait quatre morts près de la synagogue de la rue Copernic à Paris le 3 octobre 1980, un Libano-Canadien de 56 ans, a été arrêté ce jeudi au Canada sur mandat d'arrêt international de juges français. Ces derniers, Marc Trévidic et Yves Jannier, doivent très prochainement se rendre au Canada afin notamment de s'enquérir de l'extradition du suspect vers la France.

Selon «L'Express», qui révèle l'affaire sur son site Internet, l'homme, d'origine palestinienne, Hassan Diab, a été interpellé à Gatineau, au Québec, par la gendarmerie royale canadienne. Il enseigne la sociologie à l'université d'Ottawa et mène une vie paisible

«Mon client est innocent, il n'a rien à faire là-dedans», a déclaré son avocat, Me René Duval. Il a ajouté qu'il demanderait sa remise en liberté au cours d'une comparution prévue pour vendredi après-midi au Palais de justice d'Ottawa.

Il se disait victime d'une homonymie

L'homme est soupçonné par la justice française d'avoir confectionné l'engin explosif posé dans la sacoche d'une moto à quelques mètres de la synagogue de l'Union libérale israélite et qui avait explosé le 3 octobre 1980, vers 18h40, tuant trois Français et une Israélienne.

Le mandat d'arrêt international a été délivré à la suite d'une commission rogatoire internationale en novembre 2007. A l'époque, Hassan Diab s'était dit «victime d'une homonymie». Le suspect avait expliqué: « Je n'ai jamais appartenu à aucune organisation palestinienne, ni milité politiquement ». Me René Duval, avait indiqué que son client était «étudiant à Beyrouth à l'époque de l'attentat», et s'était ensuite « installé aux Etats-Unis pour des études de doctorat ».

Une fiche d'hôtel compromettante

Les juges antiterroristes français se sont intéressés à lui après que l'Allemagne leur a communiqué un fichier, «acheté» dans des conditions non précisées, d'activistes du Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS), dans lequel figurent notamment les noms des membres du commando de la rue Copernic.

L'attentat n'avait pas été revendiqué mais les enquêteurs soupçonnaient le FPLP-OS, un groupe palestinien opposé à Yasser Arafat, ancien président de l'Autorité palestinienne. L'an dernier, les juges français avaient lancé une commission rogatoire internationale au Canada visant Hassan Diab.

Au cours de leur enquête, les policiers se sont rendus au Liban, aux Etats-Unis, en Allemagne et au Danemark, affirme «l'Express». Ils ont notamment saisi une fiche d'hôtel remplie par le suspect lors de son séjour à Paris au moment de l'attentat de la rue Copernic. Et ils ont effectué des comparaisons graphologiques probantes avec des documents officiels remplis par Hassan Diab lors d'un séjour aux Etats-Unis. De plus, une photo du suspect datant de 1981 présenterait une ressemblance troublante avec le portrait-robot dressé par des témoins.

«Travail de fourmi»

La fondatrice de l'association SOS Attentats, Françoise Rudetzki, a salué le «travail de fourmi et l'obstination des enquêteurs». «Je me félicite qu'un certain nombre de magistrats et d'enquêteurs poursuivent leur enquête et leurs investigations sur des attentats si lointains», a confié Françoise Rudetzki, dont l'association aujourd'hui dissoute s'était constituée partie civile dans la procédure.

«Il y aujourd'hui une arrestation mais combien de temps faudra-t-il pour l'extrader?», a-t-elle demandé, rappelant qu'il avait fallu dix ans pour que la France obtienne du Royaume-Uni l'extradition de Rachid Ramda, le financier présumé des attentats de 1995 en France.