Deux amants très stupéfiants

A Strasbourg, - ©2008 20 minutes

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Unis jusque dans le box. Le procès de l'ancien n° 2 de la brigade des stupéfiants de Strasbourg et de sa maîtresse, ancienne greffière au tribunal de la ville, a débuté hier. Ils comparaissent en correctionnelle pour trafic de drogue. Le couple, qui n'a pratiquement jamais cessé de se tenir la main durant l'audience et qui souhaite se marier, est accusé d'avoir vendu pendant plus de trois ans de l'héroïne, de la cocaïne, du cannabis, du Subutex et des amphétamines. Les faits avaient été révélés en 2007 par un des sept dealers présumés poursuivis dans cette affaire.

Le procès a débuté par les expertises de personnalité. François Stuber, le principal coaccusé, était très bien noté. Lorsque le président du tribunal, Bernard Bangratz, lui demande comment il a pu en arriver à dérober la drogue saisie par son service alors qu'il était chargé de la détruire, Stuber avance une explication : « Peut-être la banalisation du travail. » Il concède toutefois que cela n'excuse pas la transgression de son serment de policier. Passionné de jeux de hasard, il fréquentait souvent les casinos avec sa maîtresse, Laurence Hamon. Louée elle aussi par ses supérieurs pour son « indéfectible disponibilité », elle est poursuivie pour avoir contribué au stockage et au conditionnement de la drogue à son domicile. Elle aurait également soustrait une pièce de l'instruction. D'une voix à peine audible, elle a indiqué qu'à l'époque des faits, sa vie tournait autour de François Stuber : « Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai pas su dire non et mettre des barrières. »